Le Fonds national d’impulsion de la Microfinance (Fonamif), en collaboration avec l’association des professionnels des institutions de microfinance (Apim) et l’appui de la coopération allemande (Giz), a organisé le 1er octobre à Dakar la 30e session du comité national de coordination des activités de microfinance (CNC).
Le ministre chargé de la Microfinance et de l’économie sociale et solidaire, Dr Alioune Dione, a présidé jeudi la troisième session thématique du CNC. Placée sous le thème : « La Microfinance face aux défis de la mobilisation des financements durables », cette rencontre a réuni l’ensemble des acteurs et parties prenantes du secteur autour des enjeux relatifs à l’accès à des financements durables. Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué notamment par l’entrée en vigueur de la loi n°2025-4 du 16 février 2025 et par l’émergence de nouveaux mécanismes de financement durable. Selon le ministre, la microfinance constitue l’un des piliers essentiels de l’inclusion financière et du financement de l’économie. À ce propos, les chiffres témoignent d’un impact significatif, les institutions de microfinance desservant plus de 4,7 millions de membres et clients, avec des encours de crédits distribués avoisinant les 849,9 milliards de FCFA et des encours d’épargne approchant les 634,7 milliards, le tout soutenu par des fonds propres estimés à 230,6 milliards.
« Ces performances placent le Sénégal au premier rang de la microfinance dans l’espace UEMOA, avec environ 15,5 % des comptes de l’Union », a indiqué le ministre. Toutefois, il n’a pas occulté les difficultés rencontrées par le secteur, notamment des créances en souffrance représentant 6,0 % de l’encours de crédit, toujours supérieur au seuil prudentiel de 3 %. Le ministre a par ailleurs rappelé la nécessité de mettre les acteurs en conformité afin d’asseoir un secteur plus solide, plus transparent et plus sûr. « Vous n’ignorez pas que, dans le même temps, l’environnement financier mondial a évolué et que les subventions et les lignes de crédits bonifiés se réajustent, tandis que l’accès à des ressources à long terme demeure entravé par d’importantes contraintes juridiques. La viabilité financière devient une condition de survie », a déclaré Dr Dione. Il s’est toutefois réjoui des nouveaux instruments qui apparaissent, tels que la finance verte et climatique, les obligations sociales, le refinancement local et les garanties partielles de portefeuille. Poursuivant, le ministre a souligné que le thème d’aujourd’hui appelle à sécuriser des ressources stables, diversifiées et adaptées, et à concilier la mission sociale et l’inclusion financière avec une viabilité économique à long terme, tout en respectant la protection de l’environnement.