Médias et partis politiques : Aly Diouf prône la confiance et la compréhension mutuelle

7 octobre 2026

Au cours du séminaire consacré à la coopération médiatique entre les partis politiques du monde, organisé en Chine du 7 au 16 septembre 2026, Aly Diouf, journaliste sénégalais et chef adjoint du Service Enquêtes & Reportages du quotidien Le Soleil, a défendu l’idée selon laquelle renforcer les échanges entre médias est indispensable face à la montée de la désinformation, des fausses informations et des deepfakes. Dans son exposé, il a partagé son point de vue sur l’expérience chinoise et les pratiques que les pays africains pourraient s’approprier.

La coopération médiatique peut, selon lui, contribuer à rapprocher les peuples, corriger les perceptions et renforcer la confiance dans un contexte où l’information circule à grande vitesse et de manière souvent confuse. S’exprimant au nom de ses collègues lors de ce séminaire, le journaliste a d’abord évoqué les impressions tirées de son séjour et a évoqué le Sénégal, en rappelant sa longue tradition électorale, son histoire démocratique et les transitions pacifiques qui ont longtemps été une source d’inspiration pour d’autres nations. Il a toutefois nuancé ce portrait en livrant une lecture critique des évolutions récentes, en insistant sur la place croissante du numérique dans le débat public.

Les « armées numériques », les fausses informations et les deepfakes, selon lui, ont le pouvoir d’influencer l’opinion publique, d’attaquer les institutions et d’accentuer les tensions. Cette réalité, à ses yeux, ne se limite pas au seul Sénégal. Face à ce phénomène, il est nécessaire de repenser la responsabilité des acteurs politiques et médiatiques dans une époque marquée par le populisme, l’extrémisme et l’obscurantisme, où la masse de données et la manipulation de l’information sont devenues monnaie courante. Cette situation renforce l’importance d’un dialogue renforcé entre les médias et les acteurs politiques du monde entier, afin de préserver la qualité du débat public et la confiance des citoyens. Pour lui, les nouveaux canaux de communication permettent d’atteindre rapidement des millions d’individus, tout en facilitant la diffusion de contenus trompeurs; d’où la nécessité pour les professionnels des médias d’approfondir leurs liens et leurs mécanismes de coopération mutuelle.

Dans le cadre de son intervention, Aly Diouf a évoqué son passage à l’Université Renmin et ses déplacements dans diverses provinces, municipalités et régions autonomes qui lui ont permis de découvrir ce qu’il appelle la « Chine réelle ». Il a cité des lieux tels que Shenzhen, devenu un pôle technologique majeur, Shanghai avec son dynamisme financier, Yiwu et son immense marché, ainsi que Chongqing et Guangzhou. Cette expérience a été marquée par l’observation des infrastructures, de la planification urbaine, de la discipline, de l’innovation, du système éducatif et des politiques de lutte contre la pauvreté.

L’exposant s’est aussi intéressé au Gaokao, le concours national d’entrée à l’université, ainsi qu’aux Deux Sessions. Sur le plan international, il a évoqué l’Organisation de coopération de Shanghai, les Brics+ et les Nouvelles Routes de la Soie, sans oublier le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). Il a également mentionné la politique d’exemption de droits de douane annoncée par Pékin en faveur de certains produits africains. Selon lui, la trajectoire chinoise mérite d’être analysée dans les domaines de la planification, des infrastructures et de l’innovation. Il s’est toutefois gardé d’employer le système politique chinois comme modèle à reproduire intégralement. « Je ne veux pas véhiculer l’idée que le système politique chinois est le meilleur », a-t-il précisé. Son approche consiste plutôt à identifier les expériences qui ont donné des résultats et à réfléchir à leur adaptation aux réalités nationales. « Il existe ici de bonnes pratiques que nous pouvons réadapter dans nos pays », a-t-il conclu.