L’Université Souleymane Niang de Matam, pilier du dispositif gouvernemental visant à étendre la carte des établissements d’enseignement supérieur, se prépare activement à accueillir ses premiers étudiants en octobre 2026. L’institution, dont les travaux de construction et la définition des offres pédagogiques avancent rapidement, affiche l’objectif de former des professionnels compétents répondant aux besoins du marché du travail et aux enjeux du développement régional et national.
La proposition pédagogique de l’établissement s’est bâtie à partir d’une analyse des besoins effectifs des communautés locales et des potentialités propres à Matam. « La tâche consistait à élaborer les cursus et l’offre de formation pour cette université… C’est sur ce fondement que nous avons structuré six pôles », a précisé le Professeur Mamadou Sidibé, coordonnateur et Recteur de l’université.
Les six pôles couvrent un spectre étendu de disciplines, incluant les sciences et technologies, les sciences économiques et de gestion, les sciences de l’ingénierie, les sciences de la santé, les sciences humaines, sociales, arts et lettres, ainsi que les sciences agronomiques.
Une caractéristique marquante de cette offre réside dans la professionnalisation des diplômes de licence. À l’inverse des licences généralistes, les cursus de l’Université Souleymane Niang visent à doter les étudiants de compétences opérationnelles dès l’obtention du diplôme. « Toutes les licences proposées relèvent soit de licences professionnelles, soit de licences professionnalisantes qui permettent à l’étudiant d’emmagasiner une compétence à l’issue de sa formation », a insisté le Professeur Sidibé.
Ababacar Guèye, directeur de cabinet du ministre chargé de l’Enseignement supérieur, a salué l’orientation de cette nouvelle université, estimant qu’elle doit sortir du simple moule des modèles occidentaux. « Nos universités ne doivent plus être de simples copies des universités françaises », a-t-il déclaré, appelant à une décolonisation du savoir.
L’Université Souleymane Niang devra s’ancrer dans son cadre local, une région riche en traditions culturelles et en savoir-faire ancestraux. M. Guèye a aussi souligné l’importance d’associer professionnalisation et recherche fondamentale. Il a rappelé que l’établissement ne doit pas se limiter à un simple outil de formation professionnelle, mais constituer un « espace de détermination, de connaissance fondamentale et de recherche ». Dans cette optique, des domaines tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’ingénierie nucléaire devraient y trouver leur place, puisqu’ils jouent un rôle crucial pour la souveraineté nationale.
Selon le document de préfiguration, l’Université de Matam envisage d’accueillir 1 500 étudiants lors de sa première rentrée. Cet effectif devrait croître progressivement avec le temps, l’objectif ultime étant d’atteindre 25 000 apprenants à mesure que l’établissement déploie ses capacités.
Concernant l’avancement des chantiers, le professeur Sidibé a affiché une assurance mesurée. « Sur le plan technique, tout est en place », a-t-il affirmé, mentionnant l’engagement de l’entrepreneur Sankye à remettre les clés en octobre 2026. L’étape finale avant le déploiement effectif du programme consiste à présenter l’offre de formation aux tutelles afin de valider les maquettes.