Mbayé Dione entre en scène et prend position

23 septembre 2025

Mbaye Dione, secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) et maire de Ngoundiane, a pris la parole avec vigueur pour dénoncer les licenciements abusifs et les arrestations liées à l’opinion politique au Sénégal, en s’appuyant sur son parcours politique et administratif. Son intervention a eu lieu à Mbour, lors du Septembre mandingue, rendez-vous culturel majeur des Mandingues inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

Il affirme que près de 30 600 agents ont été licenciés dans les secteurs public et parapublic, chiffre qui pourrait grimper au-delà de 50 000 si l’on inclut le privé, notamment le secteur de la construction et des travaux publics. Il dénonce ces licenciements comme guidés par des calculs politiques, mettant en évidence que des agents titulaires de CDI se voient écarter au profit de militants du parti au pouvoir, particulièrement du PASTEF. À titre d’illustration, l’exemple du Grand Théâtre est cité: 27 salariés ont été congédiés et remplacés par 35 militants. Il rappelle que ces pratiques violent le principe d’égalité des citoyens dans l’accès à l’emploi et aux postes à responsabilités au niveau national.

Concernant les détentions politiques, il évoque les cas de Badara Gadiaga et du jeune Abdou Nguer, détenus pour avoir exprimé leur point de vue sur l’évolution de la situation dans le pays. Il souligne la lenteur des procédures judiciaires et demande que les prévenus soient jugés sans délai et de manière équitable, plutôt que de laisser durer leur détention. Il met en garde contre les répercussions sociales de telles pratiques, indiquant que l’appel à la mobilisation citoyenne prévu pour le 21 septembre 2025 démontre clairement le mécontentement populaire. Il avertit que, sans une révision des choix politiques, des manifestations plus marquées, et même des actes de violence, pourraient menacer la stabilité du régime.

Il critique aussi l’orientation actuelle du pouvoir exécutif, estimant qu’elle devrait prioriser les urgences nationales telles que les inondations, la hausse du coût de la vie et l’accès à l’électricité, à l’eau et aux denrées alimentaires, plutôt que de s’adonner à des représailles politiques. Il rappelle que les engagements de créer des emplois et d’instaurer une justice sociale avancés par l’État n’ont pas été tenus, alimentant la déception chez les jeunes et les travailleurs. Ces propos s’inscrivent dans un cadre plus large des critiques provenant de l’opposition et de la société civile. Mbaye Dione appelle à une gouvernance inclusive et non partisane, où l’État sert l’ensemble des Sénégalais sans discrimination.

En définitive, ces déclarations expriment une critique sévère de la gestion gouvernementale, centrée sur les licenciements injustifiés, les détentions liées à l’expression d’opinions et le manque d’attention accordé aux défis socio-économiques urgents. Son discours témoigne d’un climat politique tendu et souligne l’importance d’une mobilisation citoyenne pour impulser le changement nécessaire.