Vendredi, jour du départ du bateau Aline Sitoé Diatta vers Dakar. Le port de Ziguinchor résonne de mille bruits, et Maréme Diaw Diouf, responsable de la gare pour la liaison Dakar-Ziguinchor au sein du Consortium sénégalais d’activités maritimes (Cosama), se tient au coeur de l’action. Dévouée et résolue, elle affiche un engagement sans faille afin d’assurer le bon déroulement des opérations. Son but premier : que l’embarquement se fasse sans encombre et déployer des solutions face aux différentes difficultés rencontrées.
C’est le tumulte habituel du port de Ziguinchor à l’heure des départs. Les voyageurs se hâtent de monter à bord, pendant que d’autres patientent au guichet pour obtenir leurs billets. Marème Diaw Diouf, chef de gare de la liaison Dakar-Ziguinchor pour Cosama, est active sur tous les fronts. Son talkie-walkie maintenu près de la main, elle coordonne, ajuste et échange avec les passagers pour résoudre les soucis qui se présentent.
Dynamique et efficace, Mme Diouf échange avec les divers membres de l’équipage pour vérifier l’état des chargements ou pour transmettre les consignes. « Les jours de départ, nous sommes réellement submergés par le travail », confie-t-elle.
La tension grimpe et les instants s’égrainent. Dans ce métier, tout est réglé comme du papier à musique. Dans la zone fret, les responsables procèdent aux derniers réglages. Les bagages sont minutieusement vérifiés pour garantir leur conformité, puis empilés dans de vastes chariots avant d’être pris en charge par le navire.
« La sécurité des passagers et des bagages demeure l’une de nos priorités », assure la cheffe de gare. Le téléphone ne cesse de sonner tout au long de notre échange. Un client cherche une place pour faire embarquer une voiture en direction de Dakar.
Une journée particulièrement dense
Elle appelle son collègue et, après le feu vert, lui demande d’agir rapidement. C’est la dernière ligne droite. « Le téléphone ne s’arrête jamais ici les jours de départ », affirme-t-elle. En plus du fret, au service de la billetterie, il faut vérifier si des clients attendent encore à l’entrée centrale. Le travail de la cheffe de gare débute bien avant 8 heures, précise-t-elle, car « dès 7 heures, les gens arrivent sur place pour embarquer leurs fret ».
Un briefing est organisé avec l’ensemble des services à 8 heures afin de coordonner les actions, de corriger les dysfonctionnements et de fluidifier le travail. Plus tard, à 9 h 30, les vérifications de sécurité sont effectuées. « En réalité, on ne s’arrête jamais les jours de départ », reconnaît Mme Diouf.
Elle rappelle que le rôle de chef de gare exige la capacité de gérer toutes les situations. La personne assurant ce rôle est l’interlocutrice privilégiée de l’équipage du navire pour échanger sur l’embarquement, la disponibilité des places ou le fret.
« Nous veillons à ce que tous les documents soient en règle afin de satisfaire les exigences des passagers. De même, nous nous assurons que toutes les marchandises soient bien embarquées à bord », affirme-t-elle.
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Elle poursuit : « Par prudence, tout ce qui entre sur le bateau est enregistré et soumis à un contrôle rigoureux ».
Outre le manifeste et les documents de fret, les papiers relatifs aux services des douanes, de la gendarmerie et de la police sont remis au capitaine du navire. Pour certains, cette tâche est lourde à porter pour une femme. Toutefois, la cheffe de gare répond avec une approche subtile et assurée.
« Nous gérons nos foyers avec dextérité ; il n’y a donc pas de raison pour que nous n’ayons pas les mêmes compétences dans l’organisation des départs sur la liaison Dakar-Ziguinchor », affirme-t-elle avec assurance.
Ici, la collaboration avec les collègues est franche et naturelle. « Nous évoluons dans un milieu majoritairement masculin, mais nous travaillons en parfaite osmose. Rien n’est insurmontable », soutient Marème Diaw Diouf. Sa carrière a commencé une semaine après le lancement de l’exploitation du bateau « Le Wilis » le 11 novembre 2005.
Chaque voyage apporte son lot de difficultés, et pour elle, le principal obstacle reste néanmoins l’autorisation parentale que les pères doivent signer pour les enfants mineurs. À chaque départ, Mme Diouf se heurte à cette exigence des autorités de police des frontières. Selon elle, « il faut faciliter cette démarche pour les mères car cela demeure quelque peu contraignant », plaide-t-elle.