La communauté mouride a vécu la célébration de la naissance du Prophète Mouhamed (Psl), aussi appelée Gamou, durant la nuit du 25 au 26 août à la Grande Mosquée de Touba. Des milliers de fidèles ont pris part à cette cérémonie, dans un cadre empreint de spiritualité et de dévotion religieuse.
Hommes et femmes, jeunes et adultes se sont massés vers le lieu sacré à partir de l’obscurité tombante. Petit à petit, les différents espaces de la mosquée se sont remplis, puis l’assemblée a gagné l’esplanade, débordant parfois des enceintes prévues. Les dispositifs mis en place par les dahiras Moukhadimatoul Khidma et Rawdou Rayahine, chargés de l’organisation, n’étaient plus en mesure de contenir ce flux compact.
À l’intérieur comme à l’extérieur, les fidèles, chacun avec son chapelet, son Coran ou ses khassaïdes, s’en remettaient à la prière et à la récitation des textes sacrés. Pendant la nuit, les voix s’entremêlaient aux psalmodies, aux lectures coraniques et aux poèmes dédiés au Cheikh Ahmadou Bamba, créant une atmosphère d’une grande intériorité spirituelle. Malgré l’affluence, le calme et le recueillement dominaient cette nuit dédiée à la mémoire du Prophète Mouhamed (Psl).
Selon Abdou Lahad Bousso, membre du comité scientifique du dahira Moukhadimatoul Khidma, cette tradition perpétue l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba, qui avait initié le Gamou vers 1883 dans plusieurs localités, parmi lesquelles Diourbel, Thieyène Djolof et Darou Marnane. Cette coutume s’est poursuivie jusqu’au temps du califat de Serigne Saliou Mbacké, qui a confié l’organisation de cette veillée aux dahiras Moukhadimatoul Khidma et Rawdou Rayahine.
Le programme comprenait notamment une lecture du Saint Coran douze fois, la déclamation de panégyriques dédiés à Cheikh Ahmadou Bamba et la récitation de ses poèmes, dont Jazbu, Mawahibou et Moukhadimat. La lecture du Barsane, ouvrage retraçant la vie et l’action du Prophète (Psl), a également rythmé la nuit.
Une conférence était aussi au programme, consacrée à la personnalité du Prophète (Psl) à travers le poème Moukhadimat. La célébration s’est achevée après la prière de l’aube. Pour la clôture, l’absence du khalife général des mourides a été compensée par une représentation du dahira Rawdou Rayahine.