Plusieurs pays arabes ont exprimé leur indignation samedi face aux propos de l’ambassadeur des États‑Unis en Israël, Mike Huckabee, qui soutenait, selon une lecture biblique, qu’Israël pourrait détenir un droit sur des territoires s’étendant sur une vaste portion du Moyen‑Orient.
Ancien pasteur baptiste et fervent défenseur d’Israël, nommé ambassadeur en 2025 par le président Donald Trump, Huckabee s’est exprimé lors d’un entretien avec le commentateur conservateur américain Tucker Carlson.
Dans un podcast diffusé vendredi, Tucker Carlson a interrogé l’ambassadeur sur son interprétation d’un verset de la Genèse affirmant qu’Israël aurait des droits sur des terres situées « entre le Nil et l’Euphrate », s’étendant donc de l’Égypte jusqu’à l’Irak et la Syrie.
« Je pense que c’est exact. Et cela couvrirait essentiellement l’ensemble du Moyen‑Orient », a déclaré Huckabee.
« Ce serait souhaitable s’ils prenaient tout cela », a-t-il ajouté.
Plusieurs pays arabes ont vivement critiqué ces propos.
L’Arabie saoudite les a qualifiés d’« irresponsables » et « dangereuses », tandis que la Jordanie a dénoncé une atteinte à la souveraineté des pays de la région.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a « réaffirmé qu’Israël n’exerçait aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés, ni sur toute autre terre arabe ».
L’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, a déclaré sur X que les propos de Mike Huckabee « contredisaient le rejet par le président américain Donald Trump du projet d’annexion de la Cisjordanie » par Israël.
Ces déclarations constituent une « violation flagrante des principes du droit international », a estimé le Koweït, tandis que le sultanat d’Oman a jugé qu’elles « menaçaient les perspectives de paix, la sécurité et la stabilité de la région », selon des communiqués distincts de leurs ministères des Affaires étrangères.
Samedi, l’ambassadeur américain a publié deux messages sur X pour préciser sa position sur d’autres sujets évoqués lors de l’entretien, notamment la définition du sionisme, mais il n’est pas revenu sur ses propos concernant le contrôle par Israël de territoires du Moyen‑Orient.
Ces déclarations interviennent à un moment où Israël intensifie les mesures visant à accroître son emprise sur la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.
Israël a annexé Jérusalem‑Est et une partie du plateau syrien du Golan.
AFP