Le dossier concernant Mouhamed Dieng, ancien directeur général de 1XBET Sénégal, se teinte désormais d’une coloration politique marquée. Après la fuite d’un rapport classé confidentiel par la CENTIF évoquant d’éventuelles irrégularités financières, c’est depuis l’Hexagone que le journaliste Madiambal Diagne a lancé de lourdes accusations visant le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, cet homme d’affaires figurerait au centre d’un vaste plan de reconquête du secteur des jeux en ligne.
Le rapport de la CENTIF, déposé après sa fuite
Tout est parti de la diffusion sur les réseaux d’un document confidentiel de la CENTIF signalant des flux « suspects » attribués à Mouhamed Dieng. Pourquoi ce document surgit-il exactement à ce moment, alors que l’homme d’affaires est désormais l’un des acteurs les plus riches et influents du domaine ?
Autre élément notable : le rapport n’a été officiellement transmis au juge d’instruction du PJF qu’un mois après sa fuite, ce qui alimente les soupçons d’une manœuvre savamment orchestrée. Jusque-là discret, Mouhamed Dieng se voit désormais propulsé au cœur d’un tourbillon mêlant affaires et politique.
«Sonko veut s’emparer de 1xbet» : l’accusation de Madiambal
Dans une intervention largement relayée, Madiambal Diagne soutient que le Premier ministre serait directement l’instigateur des pressions exercées contre l’homme d’affaires. «Mouhamed Dieng est dans le collimateur de Ousmane Sonko qui cherche à se saisir de 1XBET», affirme-t-il sans équivoque. Il relie cette prétendue offensive à la stratégie économique du gouvernement : «C’est dans ce contexte qu’il vise à financer son plan de redressement en augmentant les taxes sur l’alcool, les jeux en ligne et le tabac.»
Le volet gabonais et les licences de casinos
Plus explosif encore : Madiambal évoque un mystérieux homme d’affaires gabonais, présenté comme l’un des financiers du terameeting du 8 novembre. Selon lui, une partie des actifs supposément visés chez Mouhamed Dieng pourrait être réattribuée à cet intervenant. «Je sais comment on veut prendre des biens de Mouhamed Dieng pour les donner à un homme d’affaires venu du Gabon», affirme-t-il. Il assure également que des licences de casinos à Dakar seraient dans le viseur : «On veut retirer certaines licences pour les attribuer à un autre opérateur. Je connais les montants en jeu.»
Une fuite ciblée ?
Pour l’ancien patron du groupe Avenir Communication, la fuite du rapport de la CENTIF n’a rien d’un accident : «Le rapport a fuité parce qu’on veut la tête de Mouhamed Dieng», dit-il, évoquant l’existence d’un bénéficiaire bien identifié derrière l’opération. Selon son analyse, la procédure judiciaire ne répondrait pas uniquement à une logique de transparence, mais s’inscrirait dans une stratégie de contrôle politique et économique du secteur des jeux en ligne, dont les marges financières sont colossales.
Un scandale à double tranchant
Au-delà des procédures, un constat s’impose : dans cette affaire, Mouhamed Dieng apparaît, pour certains observateurs, moins comme un prédateur que comme une cible. Si les accusations de Madiambal venaient à se vérifier, l’affaire pourrait se retourner contre les plus hautes autorités, révélant une instrumentalisation de la justice à des fins de confiscation économique. Un dossier où se mêlent argent, pouvoir et influence — et qui pourrait, à terme, ébranler bien plus que le secteur des jeux en ligne.