Aujourd’hui, dans la majeure partie des villes et villages du Sénégal, les enfants ont repris le chemin de l’école. Seules quelques localités, touchées par des aléas climatiques, ont vu leur rentrée perturbée. Les fortes précipitations qui se sont abattues récemment sur certaines zones ont obligé nombre d’établissements à réorganiser leur calendrier et à repousser celui qui avait été initialement fixé. D’après le ministère de l’Éducation nationale, environ 7 % des écoles demeuraient concernées, selon les informations disponibles dimanche.
Pour certains élèves, cette journée constitue une première approche de l’environnement scolaire. Pour d’autres, elle s’inscrit dans la continuité d’un parcours qui comporte ses propres défis et exigences.
Mais au-delà de la simple reprise des classes, la rentrée rappelle que l’école ne doit pas se réduire à un espace de transmission de savoirs: c’est aussi un lieu d’éveil des consciences et de construction des valeurs. C’est ici que se dessinent, en partie, les contours de la société de demain.
Dans son roman Une si longue lettre, Mariama Bâ célèbre avec force la mission de l’école. Elle décrit les enseignants, qu’ils enseignent au premier âge ou dans l’enseignement supérieur, comme une armée noble qui accomplit quotidiennement des exploits rarement salués, jamais décorés. Toujours en marche et attentive, cette armée avance sans tambour ni uniforme clinquant et, malgré les pièges et les obstacles, porte partout le drapeau du savoir et de la vertu.
Ces mots trouvent écho lorsque des milliers d’enseignants rejoignent leurs salles de classe à travers le pays. Du quartier urbain jusqu’aux villages les plus lointains, ils accomplissent leur mission, souvent dans des conditions difficiles, résistant à la chaleur, aux intempéries, à l’éloignement et parfois à la solitude.
Ces hommes et ces femmes représentent, à bien des égards, des héros discrets de la République. Par leur patience, leur abnégation et leur dévouement, ils transmettent des savoirs, éveillent des vocations et élargissent les horizons des jeunes.
Surtout, au Sénégal, réussir à l’école, par l’effort, la persévérance et l’abnégation, est bien plus qu’une promesse institutionnelle: c’est une réalité régulière qui se manifeste. Des élèves issus de milieux modestes parviennent souvent à atteindre les sommets et à obtenir les concours les plus exigeants, démontrant que le mérite et le travail peuvent être des leviers efficaces pour progresser socialement.
Dans ses manifestations les plus concrètes, la République montre ainsi qu’elle sait distinguer les meilleurs sans tenir compte de l’origine sociale ou familiale. L’école demeure, à cet égard, l’un des instruments les plus puissants pour assurer l’égalité des chances et promouvoir une méritocratie au service de la République.