Lasha, la capitale du Xizang (Tibet), située au sud-ouest de la Chine, à plus de 3 700 kilomètres de Beijing, est une ville au riche patrimoine historique et culturel. La ville est également considérée comme un haut lieu du bouddhisme tibétain. Lasha abrite un important temple religieux pour les adeptes du bouddhisme ainsi que le palais du Potala, qui a servi de résidence aux différents Dalaï-Lamas.
BEIJING– Lasha est la capitale de la région autonome du Xizang (nom officiel chinois), plus connue sous le nom de Tibet sur le plan international. Elle se situe à environ 3 760 kilomètres de Beijing. Pour atteindre cette région du sud-ouest de la Chine, frontalière du Népal, il est préférable de prendre l’avion. Le trajet démarre par un vol d’environ trois heures jusqu’à Chengdu, puis il faut enchaîner sur une correspondance d’environ deux heures pour gagner Lasha. La capitale tibétaine s’épanouit entre des chaînes de montagnes arides aux teintes brunâtres, où les massifs demeurent omniprésents.
On a l’impression que l’homme lutte contre la nature pour y implanter infrastructures et même des agglomérations. La cité est entourée de montagnes de tous côtés. Lasha se situe à une altitude de 3 650 mètres au‑dessus du niveau de la mer, ce qui peut provoquer chez les visiteurs des difficultés liées au manque d’oxygène. Plusieurs membres de la délégation du programme de formation 2026 de journalistes du Centre international de presse et de communication de Chine (Cipcc), ayant séjourné dans la ville du 22 au 25 juin 2026, ont ainsi souffert du mal des montagnes.
Malgré cette impression d’aridité, la région du Xizang (environ 3,5 millions d’habitants), soutenue par le gouvernement de la République populaire de Chine, suit néanmoins le rythme du développement du pays. Ce qui distingue aussi le Xizang (Tibet), c’est que la plupart de ses résidents pratiquent le bouddhisme. Des moines sont rencontrés un peu partout, et pour les voir en grand nombre, il faut se diriger vers le temple Jokhang, situé au cœur de Lasha. Il représente un lieu majeur de prière pour les moines et les fidèles bouddhistes qui s’y recueillent.
Ce lundi 22 juin 2026, en fin de journée, de nombreux touristes parcourent eux aussi les environs. Les bâtiments du temple affichent une architecture traditionnelle tibétaine et chinoise.
Autour, des maisonnettes colorées s’épanouissent. Toutes les constructions utilisent des matériaux de terre, de pierre et de bois, sans ciment ni fer. Jokhang signifie « Maison des Bouddhas » (divinités du bouddhisme), nous rappelle le guide tibétain Penpa, qui précise qu’il est interdit de filmer à l’intérieur du temple.
À l’intérieur, les moines portent le kesa, leur vêtement rouge-orangé emblématique. Tandis que certains interrompent brièvement le silence sacré par leurs incantations, d’autres préparent une boisson au beurre pour les fidèles. Certains aident les pèlerins venus solliciter des bénédictions. « Tous les jours, avant l’ouverture, les moines récitent une prière collective. Avant la fermeture aussi, ils prient. Les habitants viennent solliciter des prières pour résoudre leurs problèmes, la prospérité ou la santé, et font des offrandes aux moines », précise notre guide.
Dans le temple, les visiteurs inhalent l’âcre odeur d’encens. Au‑dessus de nos têtes se dressent de gigantesques statues dorées représentant différents Bouddhas.
Les murs racontent plus de 1 300 ans d’histoire. Le temple a été édifié par le roi tibétain Songtsen Gampo au VIIe siècle. Sa statue, ainsi que celles de ses deux épouses – la princesse Wencheng, venue de Chine, et Bhrikuti, du Népal – sont exposées dans le dédale du Jokhang. Depuis 1994, ce temple figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Chaque jour, environ 1 500 personnes visitent l’édifice et doivent débourser 80 yuans (environ 6 500 francs CFA) pour le billet d’entrée. Jia Dan, du Centre de communication extérieure du quotidien Tibet Daily, confie que le Jokhang est l’une des principales attractions touristiques de la région.
Parmi les autres sites très prisés figurent le lac Namtsang (Namtso) et le mont Qomolangma (Everest), réputés pour leurs paysages spectaculaires. « Le tourisme est l’industrie pilier de la Région autonome du Xizang », affirme-t-elle.
Potala, logement et cimetière des Dalaï-Lamas
Lasha est aussi le site du palais du Potala (signifiant « Palais du Bouddha de la Compassion »). Perché sur les hauteurs, près de 4 000 mètres d’altitude, il domine fièrement la cité. L’ouvrage fut également érigé par le roi Songtsen Gampo au VIIe siècle, à l’intention de sa princesse chinoise.
Le Potala, qui s’élève sur treize étages, se compose de deux ensembles: le Palais Blanc et le Palais Rouge. Le Palais Blanc servait autrefois de siège administratif pour les moines et leur chef, le Dalaï-Lama, tandis que le Palais Rouge constituait le cœur spirituel.
Dans la nef du Palais Blanc, une immense fresque murale retrace trois siècles d’histoire à travers des inscriptions tibétaines. Habillée d’un costume traditionnel tibétain, telle une princesse, la jeune Tsering Dekyi, guide officielle du palais qui nous accompagne, explique que « sur cette fresque, cinq Dalaï-Lamas ont rédigé, en écriture tibétaine, toute l’histoire du Tibet ».
Pour la construction du complexe, seules trois matières ont été employées : la pierre, la terre et le bois, malgré les treize étages. Depuis sa réalisation, les travaux annuels de peinture restent exempts de tout produit chimique. Les couleurs proviennent de sable coloré extrait de montagnes locales, mélangé au lait de yak et au miel afin d’obtenir les teintes désirées.
Dans le palais, le trône des treize Dalaï-Lamas est conservé à l’identique. Il est à noter que le dernier Dalaï-Lama a trouvé refuge en Inde depuis plusieurs décennies. Les salles d’étude, les salles de réunion, la chambre personnelle du Dalaï-Lama et les livres restent entretenus par les moines qui résident et œuvrent au sein du palais, sous la protection du grand Bouddha recouvert d’or, appelé le « Bouddha du futur ».
Le palais demeure à la fois un lieu de vie et de travail pour les Dalaï-Lamas, et aussi leur site de sépulture. Selon la guide Tsering Dekyi, huit Dalaï-Lamas y possèdent leur tombeau. Dans le Palais Rouge, le tombeau du cinquième Dalaï-Lama est particulièrement impressionnant. Recouvert d’or et entouré d’objets précieux sur plusieurs mètres de hauteur, il est devenu un lieu de pèlerinage et de prière d’importance. Les moines y accueillent les fidèles bouddhistes venus confier leurs inquiétudes. Les Tibétains pratiquent diverses formes de rites funéraires. Selon la guide, après un décès, la famille peut offrir le corps à l’eau, aux vautours ou opter pour la crémation lorsque le décès résulte d’un empoisonnement. Toutefois, pour les personnalités éminentes comme les Dalaï-Lamas, de vastes mausolées, souvent recouverts d’or et d’objets précieux, sont érigés.