À l’approche de l’examen en séance plénière du projet de loi de finances rectificative (Lfr) 2026, prévu mardi prochain, le groupe Pastef/Les patriotes réaffirme ses cinq conditions avant toute concession sur ses positions. Lors d’un point de presse dominical, le 25 octobre 2026, les responsables du groupe sont revenus sur les propos du Premier ministre et ont réaffirmé leur disponibilité à dialoguer avec le Gouvernement.
La formation parlementaire Pastef/Les patriotes maintient la pression à l’aube de l’examen en séance plénière du projet de loi n° 40/2026 relatif à la loi de finances rectificative (Lfr) pour l’année 2026, prévu demain mardi. Après deux journées de travaux en Commission des finances et du contrôle budgétaire, les députés de la majorité avaient rejeté le texte tel quel. Lors du point de presse d’hier, ils ont expliqué leur position tout en réaffirmant leur « ouverture au dialogue » avec l’Exécutif.
El Malick Ndiaye, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a tenu à préciser que le président de l’Assemblée nationale n’était « mêlé ni de près ni de loin » à l’examen de la Lfr. Selon lui, les discussions se déroulent entre le ministère des Finances et la Commission des finances et du contrôle budgétaire, dans le cadre du dialogue entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. Il estime que le gouvernement a déjà engagé les dépenses qu’il demande aux députés d’autoriser à travers la Lfr. M. Ndiaye a également rejeté les accusations « d’obstruction », considérant que l’Assemblée nationale a accompli sa mission et que le gouvernement doit désormais assumer ses responsabilités. Évoquant l’article 86, alinéa 6, de la Constitution, Malick Ndiaye a invité le chef du gouvernement à recourir au vote de confiance s’il entend engager sa responsabilité. « Le Premier ministre n’a qu’à faire un vote de confiance, il n’a qu’à prendre ses responsabilités », a-t-il lancé.
Cinq exigences avant toute concession
M. Ndiaye s’est, par ailleurs, montré sceptique quant à la capacité du gouvernement à répondre aux attentes des Sénégalais. Il lui reproche d’être engagé dans une « campagne électorale permanente ».
Le président du groupe parlementaire, Mohamed Ayib Daffé, reproche au Premier ministre d’avoir voulu « jeter Pastef et son leader en pâture ». Il a aussi dénoncé son attitude envers la majorité parlementaire. « Avec zéro député, il dirige un gouvernement illégitime. Il n’a aucun respect et aucune considération pour les députés », a-t-il déclaré.
Malgré ces divergences, Mohamed Ayib Daffé a réaffirmé la disponibilité de son groupe à engager des discussions avec l’Exécutif. Il a toutefois précisé que celles-ci devraient suivre un processus déterminé en commission, ensuite avec le groupe parlementaire, puis avec le président de l’Assemblée nationale.
Sur le fond, Pastef maintient cinq exigences qu’il considère comme des conditions préalables à toute concession sur ses positions. La première porte sur la préservation de l’investissement public et des priorités sociales. Le groupe parlementaire demande un ajustement des dépenses non essentielles ainsi qu’un réexamen des coupes affectant les secteurs sociaux et les projets structurants de l’Agenda national de transformation.
La deuxième exigence concerne la protection du pouvoir d’achat des ménages, notamment à travers la réduction du coût de l’énergie. Les députés réclament également la transparence sur les 120 milliards de FCfa du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (Cerp) et sur les accords conclus avec la Banque mondiale.
La troisième porte sur la réduction du train de vie de l’État, avec une maîtrise des dépenses de fonctionnement non prioritaires et la mise en œuvre du programme de rationalisation du secteur parapublic, notamment par la suppression de 19 entités. Pastef plaide aussi pour un meilleur encadrement des fonds spéciaux. Enfin, le groupe parlementaire exige davantage de sincérité budgétaire et de transparence sur la dette publique. Il demande notamment des précisions sur les engagements financiers de l’État et sur la trajectoire de soutenabilité de la dette.