Au jardin communal de Linguère, les alignements de légumes se dessèchent sous le soleil sahélien faute d’eau. Inquiets de voir leurs cultures dépérir, les maraîchers demandent aux autorités la mise en place d’un forage à fort débit, une infrastructure qu’ils considèrent indispensable pour sauver la saison maraîchère et assurer l’approvisionnement de la commune.
LINGUÈRE – Depuis plusieurs semaines, les cultivateurs du jardin communal font face à une pénurie d’eau qui menace leurs récoltes. Les puits traditionnels, insuffisants et fréquemment pollués, ne garantissent plus un arrosage régulier des parcelles. Sous l’effet de la chaleur et du manque d’eau criant, les plantes commencent à flétrir, risquant d’annuler des mois de travail. Vieux Dabo, l’un des maraîchers, exprime sa déception : « Depuis quelques semaines, l’eau ne circule plus dans ce jardin de 11 hectares. Les producteurs commencent à se décourager. Ce site que nous exploitons appartient au service des Eaux et forêts, et nous l’avions obtenu par l’entremise de la mairie », dit-il, le moral au plus bas. Il précise que la pompe solaire, qui assurait l’irrigation des semis, est tombée en panne il y a plusieurs semaines. Réunis dans leur comité de gestion, les producteurs sollicitent l’appui du ministère compétent.
La structure demande l’installation d’un forage capable de délivrer un débit suffisant pour irriguer l’ensemble du périmètre. Selon Vieux Dabo, cette demande émane d’une cinquantaine de maraîchers. Son collègue Oumar Sow propose quant à lui une réparation d’urgence de la pompe : « L’urgence, c’est de sauver ce qui peut encore l’être, car les plants sont éprouvés », assure-t-il. D’après Oumar, les exploitants n’ont jamais connu une telle crise et font appel à l’appui de la municipalité. Les exploitants soulignent que tous les intrants sont disponibles, à l’exception du précieux liquide. Amadou Bâ, qui travaille sur ce périmètre depuis dix ans, déplore la situation et lance un appel sincère aux autorités compétentes. Au-delà des maraîchers, c’est l’ensemble de la population de Linguère qui est concernée.
Le jardin communal demeure une source cruciale de légumes frais pour les ménages et un pilier économique pour la localité. Les pertes pourraient entraîner une hausse des prix, une diminution des revenus et fragiliser la sécurité alimentaire locale. Face à ce contexte, les producteurs souhaitent que leur appel soit entendu. Maïmouna Bâ, maraîchère, invite l’État à agir sans tarder. Très affectée, elle observe ses parcelles de gombo, d’aubergines et d’oseille, dépérir sous la sécheresse. « Les efforts fournis ne doivent pas rester vains », affirme-t-elle. Pour les maraîchers de Linguère, il ne s’agit plus de promesses, mais d’actions concrètes. Chaque jour sans eau met davantage en danger les cultures et fragilise l’équilibre alimentaire de la commune.