Le Sénégal mise sur le spatial : Mbour, pivot de la recherche pour la souveraineté technologique

19 septembre 2025

Le Sénégal intensifie ses efforts pour devenir un acteur incontournable de l’industrie spatiale en Afrique. C’est le fruit d’un atelier qui s’est ouvert hier à Saly, organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dont l’objectif était d’identifier les besoins nationaux en matière de données d’observation de la Terre. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050, qui place la recherche et l’innovation comme des leviers essentiels pour bâtir une économie prospère et compétitive. Selon le professeur Amidou Datt, Directeur général de la recherche et de l’innovation au MESRI, le programme de performance du pays a identifié trois axes technologiques jugés stratégiques : l’intelligence artificielle et le numérique, le nucléaire civil et le spatial. L’ambition est de positionner le Sénégal au rang de l’excellence mondiale dans ces domaines.

Par ailleurs, il a rappelé que le Sénégal a déjà accompli des avancées notables dans le secteur spatial. « Après le lancement réussi du satellite Gaïndesat 1A il y a un peu plus d’un an, le Gaïndesat 1B est en phase finale de fabrication. Un troisième satellite, encore plus performant, est en cours de préparation », a-t-il déclaré. Pr Datt insiste sur la volonté du Sénégal de passer du statut de simple consommateur de services spatiaux à celui d’acteur à part entière. « Nous devons être souverains dans tous ces domaines », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de développer des satellites adaptés aux besoins spécifiques du pays. « L’objectif, c’est de concevoir des satellites par des Sénégalais, sur le territoire sénégalais », renchérit-il.

Le projet Sensat, coordonné par le professeur Gayane Faye, vise à bâtir une véritable industrie spatiale nationale. Le lancement du premier satellite a permis de former une vingtaine d’ingénieurs et de techniciens qualifiés, toutefois le manque d’infrastructures locales demeure un obstacle majeur. C’est pourquoi le Professeur Faye rappelle que le Gaïndesat 1A a été entièrement fabriqué à Montpellier, en France, faute de moyens adéquats sur le territoire sénégalais. Toutefois, la situation évolue. « Heureusement, après le déplacement de Gaïndesat, le président de la République s’est montré très satisfait de notre travail et a promis de construire un centre spatial à Dakar », a-t-il affirmé. Ce futur centre fournira les infrastructures nécessaires pour concevoir et fabriquer les satellites sur place, renforçant ainsi la souveraineté technologique du pays.

Le succès du programme repose également sur un soutien institutionnel solide. Le professeur Faye a insisté sur le fait que le spatial représente une « question d’État », et que l’engagement au plus haut niveau est crucial pour avancer avec confiance et sérénité. Cet atelier de trois jours, réunissant des représentants de diverses structures étatiques et scientifiques, doit permettre de préciser les besoins en données spatiales pour le développement national. Ces informations serviront de socle à la conception du futur satellite, afin que chaque projet spatial réponde à un besoin concret et apporte une valeur ajoutée significative pour le Sénégal.