Le règlement du passif intérieur, notamment celui dû aux entreprises privées, sera mené à terme. Cette garantie a été formulée jeudi par le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, lors de sa rencontre avec les acteurs du Secteur privé national.
La rencontre entre le Premier ministre et les acteurs du Secteur privé ouvre le cycle d’une série de consultations avec les organisations et le privé en général. Elle est, selon lui, le prolongement des audiences déjà accordées par le président de la République à la CNES puis au Conseil national du patronat (CNP), respectivement les 17 juillet et 3 septembre derniers.
Ainsi, le Premier ministre s’est engagé à inscrire l’action gouvernementale dans le cadre d’un dialogue « exigeant, régulier et structuré » avec toutes les parties prenantes des politiques publiques.
« L’État n’a ni la vocation, ni les moyens de se substituer à l’initiative privée. Son rôle est désormais celui d’un État stratège, à savoir de fixer le cap, de réguler, de sécuriser l’investissement et de lever les contraintes au développement de l’initiative privée », a-t-il dit.
« Ce que l’État doit surtout à l’entreprise, c’est la prévisibilité des règles, la célérité de l’action administrative et le paiement de ses dettes. Sous ce dernier registre, je voudrais vous rassurer, l’apurement de la dette intérieure sera conduit à son terme. Le secteur privé national ne sera pas une variable d’ajustement de la trésorerie publique », a ajouté le Premier ministre.
Transformer les réformes existantes en services réellement accessibles
Aujourd’hui, souligne Al Aminou Lo, le défi pour l’État n’est donc plus de concevoir des réformes supplémentaires, mais de transformer celles qui existent déjà en services « accessibles, rapides et réellement utilisés ».
« C’est l’objectif des chantiers que nous achèverons d’ici la fin de l’année 2026 : les textes d’application du Code des investissements de 2025 et le cadre rénové des partenariats public-privé, qui garantiront la sécurité juridique, la protection contre l’expropriation et la liberté de transfert des capitaux », a-t-il indiqué.
Il en est de même du Code général des Impôts et du Code général des Douanes qui seront soumis, selon lui, aux commentaires et observations des acteurs du privé.
Saisir les préoccupations et les propositions du secteur privé
« Nous finaliserons également le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique. Par ailleurs, nous veillerons, conformément aux orientations du chef de l’État, à l’application consensuelle des recommandations des États généraux de l’industrie, du commerce et des PME/PMI », a-t-il soutenu.
Il convient de noter que la rencontre de ce matin visait à recueillir les préoccupations et les recommandations du Secteur privé, notamment dans les domaines tels que : le cadre de dialogue État-Secteur privé, le traitement de la dette intérieure, l’amélioration de l’environnement des affaires, l’attractivité des Territoires, l’Industrialisation et les filières. Mais aussi, la mise en œuvre des projets catalytiques et la participation du secteur privé et l’implication du secteur privé dans le reengineering des entreprises en difficulté.
Amplifier la part de valeur ajoutée manufacturière dans le PIB
En réalité, souligne le Premier ministre, la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le Produit intérieur brut (PIB) du Sénégal demeure, à ce jour, autour de 20 % depuis une décennie. Les entreprises établies au Sénégal peinent à obtenir des parts significatives sur les marchés des grands travaux publics.
« Elles restent pour la plupart confinées sur le territoire national, sans pouvoir bénéficier des opportunités offertes par nos espaces intégrés de l’UEMOA, de la CEDEAO et de la ZLECAF. La formalisation d’un grand nombre d’entreprises demeure incomplète. Il faut inverser cette trajectoire, filière par filière, territoire par territoire », a-t-il regretté.
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Sur ce, M. Lo estime que cela suppose de construire, autour des ressources naturelles et agricoles, de leurs avantages comparatifs sur les services, de véritables chaînes de valeur intégrées, capables de capter une part croissante de la valeur ajoutée nationale.
« Il s’agit aussi de consolider nos zones économiques spéciales et nos pôles industriels aménagés, et de faire du contenu local, dans la commande publique comme dans les grands projets d’investissement, un principe d’action et non une simple déclaration d’intention », a-t-il préconisé.
Ainsi, note-t-il, cette transformation structurelle ne se fera pas par la seule volonté de l’État. Elle reposera d’abord sur le privé. Il s’agit notamment des entrepreneurs, industriels, commerçants et investisseurs qui portent, chaque jour, l’effort de création de richesses et d’emplois.