Le ministre mobilise les marraines de l’environnement pour combattre la menace du plastique

8 août 2025

Le ministère de l’Environnement ne se trouve pas seul dans la difficile mission de lutter contre les déchets plastiques qui polluent le paysage national. En effet, les marraines de l’environnement ont décidé de joindre leurs efforts à ceux de l’État pour faire face à cette problématique. Dans cette optique, les deux parties ont exprimé leur volonté commune d’unir leurs forces afin de réduire de façon significative la présence de déchets en plastique. Lors d’un atelier de sensibilisation destiné aux marraines de l’environnement, Daouda Ngom a partagé des chiffres inquiétants : « 280 millions de tonnes de plastiques sont consommées chaque année dans le monde. Leur utilisation est souvent de courte durée, mais leur dégradation peut prendre plus de 400 ans sur la Terre. Chaque seconde, l’équivalent d’un camion entier de déchets plastiques finit dans les océans. Au Sénégal, la production annuelle s’élève à 250 mille tonnes, mais à peine 10 % de cette quantité, soit environ 30 mille tonnes, sont réellement recyclés. » Le ministre précisait ces informations pour souligner la gravité du problème. Il soulignait aussi l’impact de la pollution plastique sur la pêche, un secteur vital pour le pays : « D’ici 2050, il y aura plus de déchets plastiques que de poissons dans la mer », a-t-il averti.

Mais le péril ne se limite pas seulement à la pêche. Les effets néfastes du plastique, omniprésent dans l’environnement, créent également de sérieux problèmes d’assainissement urbaine, affectant la santé humaine, l’agriculture et l’élevage. Il a expliqué qu’en brûlant du plastique, on risque d’engendrer de graves conséquences sanitaires, telles que des troubles respiratoires. « Le plastique est responsable de nombreuses dégradations », a-t-il indiqué, ajoutant que ces déchets contribuent également à aggraver les inondations lors des périodes de pluie, en obstruant les canaux d’évacuation. Il a souligné que l’impact des plastiques sur la faune marine et le bétail est alarmant, étant responsable d’environ 30 % de la mortalité du bétail. La prolifération de ces matériaux entrave aussi la qualité du cadre de vie à cause de leur accumulation, aggravant la pollution du milieu marin et des sols. La combustion des plastiques libère des substances toxiques comme les dioxines et les furanes, responsables de divers effets nocifs, tandis que l’imperméabilisation des sols diminue la capacité d’absorption de l’eau, favorisant ainsi la formation d’inondations. Tout cela fait que la pollution plastique est aujourd’hui souvent considérée comme l’une des crises environnementales les plus graves auxquelles l’humanité doit faire face.

Pour tenter d’enrayer cette menace, l’État du Sénégal a adopté en 2015 la loi n°2015-09 du 4 mai, qui visait à interdire la fabrication, l’importation, la détention, la distribution et l’utilisation de sachets plastiques de faible micronnage, ainsi que la gestion rationnelle des déchets plastiques. Cependant, cette législation s’est révélée insuffisante pour atteindre ses objectifs, et a finalement été abrogée pour être remplacée par la loi n°2020-04 du 8 janvier 2020, portant sur la prévention et la réduction de l’impact environnemental des produits en plastique. Malgré ces mesures, après quatre années de mise en application, le Sénégal demeure confronté à la persistance du problème plastique.

Face à cette réalité, le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a décidé de renforcer sa mobilisation en collaborant étroitement avec les marraines de l’environnement. Leur objectif est de renforcer leurs connaissances de la loi sur le plastique, pour qu’elles puissent mieux sensibiliser leurs communautés aux enjeux liés à cette pollution. Il est crucial que ces engagées, souvent issues des organisations communautaires, comprennent en profondeur la législation et ses implications afin de mieux promouvoir les comportements responsables. Ces « Badiénou gox », qui avaient initialement été choisies pour leur rôle dans la santé maternelle et infantile, ont exprimé leur volonté de s’impliquer davantage dans cette lutte en bénéficiant de sessions de formation. Elles souhaitent ainsi mieux convaincre les populations des dangers liés aux déchets plastiques et participer activement à la réduction de leur impact.

Yacine Fall, présidente de l’Association des marraines de l’environnement, a déclaré que leur organisation attend du département chargé de l’environnement un soutien accru en termes de formation, de matériel didactique et de ressources financières. Elle a affirmé leur engagement à accompagner le ministère : « Nous allons mobiliser toutes les « Badiénou gox » dans les différentes régions, afin d’atteindre l’objectif de zéro déchet, zéro plastique. »

Par ailleurs, Daouda Ngom a annoncé le lancement prochain d’un projet baptisé « Solution durable pour la lutte contre les déchets plastiques », en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Selon lui, ce projet vise à soutenir concrètement les « Badiénou Gox » ou autres marraines de l’environnement dans leurs démarches de sensibilisation et d’action contre la pollution plastique. Cette initiative devrait contribuer à renforcer l’efficacité des actions engagées et à promouvoir une gestion plus responsable des déchets en plastique dans tout le pays.