Chaque année, des milliers de jeunes diplômés sénégalais sortent des amphithéâtres avec un diplôme en poche et se demandent tous la même chose : comment trouver un emploi ? L’université SWISS UMEF – Campus de Dakar a choisi d’aborder ce défi autrement. Et si l’étudiant devenait l’artisan de son propre emploi, et peut-être de celui des autres ?
Voilà l’ambition du nouveau Centre de soutien à l’entrepreneuriat étudiant, un dispositif qui s’apprête à entrer en vigueur lors de l’année académique 2026-2027. Pour cette première année, l’établissement annonce une dotation de 180 millions de FCFA.
Un prêt à taux zéro, sans caution
Le principe est clair : un étudiant porteur d’un projet sérieux peut accéder à un prêt sans intérêt, plafonné à 3 000 000 F CFA par initiative. Le règlement n’impose ni hypothèque ni caution, un obstacle qui ferme souvent les portes des banques aux jeunes. Le remboursement peut s’étaler sur une durée maximale de cinq ans, selon le montant emprunté, la nature du projet et sa maturité.
Le dispositif ne se limite pas à la remise du diplôme. Les étudiants régulièrement inscrits peuvent postuler, mais aussi les diplômés du campus, pendant trois ans après l’obtention de leur titre. Une manière de reconnaître qu’une entreprise ne naît pas nécessairement le jour de la soutenance. Les projets attendus couvrent large : entrepreneuriaux, innovants, sociaux, économiques, culturels ou technologiques. Seule exigence : qu’ils soient « sérieux, structurés, réalistes ». Outre le prêt, le Centre peut proposer un accompagnement, du mentorat, une aide financière ou une avance.
D’où vient l’argent
Le fonds repose sur un financement partagé. Chaque étudiant y verse obligatoirement 5 000 F CFA par mois, et l’université ajoute 10 000 F CFA par étudiant et par mois. Au total, 15 000 F CFA par étudiant alimentent chaque mois la caisse commune. Le fonds reste ouvert aux dons de partenaires, d’entreprises, d’anciens élèves ou de particuliers. Les étudiants peuvent aussi organiser des collectes, avec l’autorisation de l’établissement.
Rendre ce que l’on a reçu
La dernière clause donne au dispositif sa logique de chaîne. Une fois son prêt remboursé, l’entrepreneur dont le projet a réussi continue de verser 10 000 F CFA par mois au fonds, pendant au moins cinq ans. Soit 120 000 F CFA par an, pour financer à leur tour les projets des promotions suivantes.
Créer son emploi plutôt que l’attendre
L’initiative s’inscrit dans un débat récurrent au Sénégal : l’insertion professionnelle d’une jeunesse de plus en plus diplômée. Pour l’établissement, l’université ne doit plus seulement délivrer des diplômes, mais aussi donner les moyens de passer de l’idée à l’activité. Reste à voir combien de projets verront le jour. Avec un plafond de 3 millions de F CFA, l’enveloppe de la première année permettrait de financer une soixantaine de projets au montant maximal et davantage si les prêts accordés sont plus modestes.