Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a procédé, ce vendredi, au lancement de son journal institutionnel en langue arabe, « Al Massirah ». Ce nouveau titre affirme l’arabe en tant que levier d’inclusion linguistique dans la communication publique.
Par le biais d’une cérémonie organisée au bâtiment administratif, le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a dévoilé, ce 27 février, la Journée d’inclusion de la langue arabe et le nouveau journal institutionnel en arabe, baptisé « Al Massirah » (Le Parcours). L’événement inaugural a été marqué par l’engagement de l’autorité à renforcer la version arabe du quotidien « Le Soleil », dont la parution hebdomadaire (chaque jeudi) est prévue à partir du 12 mars 2025.
Ces supports de presse s’inscrivent dans une logique visant à placer l’arabe comme vecteur incontournable de la communication publique, de l’inclusion informationnelle et de la coopération internationale. L’objectif est d’atténuer les écarts d’accès à l’information pour les populations arabophones, de faire des médias publics arabophones des instruments de cohésion et de tisser des ponts diplomatiques et médiatiques pertinents avec le monde arabe. On peut parler d’une relance d’« Al Massirah ». Initialement présent dès les premiers gouvernements du Sénégal au début des années 1960, alors que Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia guidaient l’action publique, ce titre avait été prévu pour porter en arabe la voix de l’Exécutif.
Selon un responsable en charge de la communication, le gouvernement prolonge cette tradition consistant à considérer l’arabe comme « langue d’histoire, de science, de commerce et de religion ». Il a souligné qu’on ne peut pas mépriser cette langue, enseignée dans les universités telles que celles où l’enseignement arabo-islamique s’est développé bien avant la période coloniale et qui continue d’animer l’instruction islamique de notre pays majoritairement musulman. Dans ce contexte, lorsque le chef de l’État et le Premier ministre attachent de l’importance à l’expression publique dans les langues officielles et que le pays soutient la cause palestinienne et s’affiche au sein de l’Organisation de la coopération islamique, l’inclusion de l’arabe dans les communications officielles prend toute sa signification. Par ailleurs, les communiqués du Conseil des ministres font l’objet d’une traduction systématique en arabe. « Al Massirah », publié par « Le Soleil », réapparaît donc à son heure.
« Le Soleil arabe, choix stratégique »
Le directeur général de la société de presse publique « Le Soleil » a d’emblée souligné qu’il ne s’agit pas d’un média religieux. Le projet hebdomadaire s’aligne sur la mission de « Le Soleil » qui est de vulgariser les actions gouvernementales et de mettre en lumière un service public prenant en compte l’ensemble des segments de la société.
« Il est important d’associer les réflexions des intellectuels arabophones à l’espace public. Environ 28 % de la population sénégalaise parle et lit l’arabe régulièrement, en complément de la langue maternelle. Dans quatre régions, l’arabe est la langue la plus utilisée. » a précisé le responsable, ajoutant que « Le Soleil » en arabe ne se limite pas à un produit de plus : c’est un choix stratégique à la dimension géopolitique et culturelle, destiné à attirer les partenaires des pays arabes. » Il a appelé les arabophones à s’approprier rapidement la version arabe de « Le Soleil », distribuée sur l’ensemble du territoire, et les partenaires à appuyer financièrement sa production.
Un porte-parole des arabophones, chargé de coordonner la traduction de la version arabe du « Soleil », a exprimé la satisfaction des collègues qui se sentent « associés à la construction du pays et à l’éveil des consciences ».
Alioune Sall, ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a présidé la cérémonie, entouré de Marie Rose Faye, porte-parole du Gouvernement. Le ministre a salué cet « impératif démocratique », en résonance avec le Cadre National de Transformation et la dynamique du nouveau pacte technologique.
L’accès aux infrastructures numériques, selon le ministre, doit aller de pair avec un accès équitable au contenu et à l’information. « L’inclusion numérique doit passer par l’inclusion linguistique. Votre démarche s’intègre à notre politique d’équité territoriale. Dans les zones où l’enseignement arabo-islamique est fortement implanté et modernisé, où existent les universités dédiées et les centres culturels arabophones, les populations doivent pouvoir accéder, dans leur langue habituelle, aux informations publiques et aux opportunités offertes par l’État. C’est une question de justice et d’efficacité de l’action gouvernementale », a-t-il affirmé.