Lauréat du Prix NOOCULTURES de la Critique d’Art en Afrique en 2020, Mamadou Oumar Kamara, connu sous le nom de Moka Kamara, est revenu cinq ans plus tard dans le laboratoire qui a contribué à tracer les contours de son parcours. À Ouagadougou, ce journaliste au quotidien national Le Soleil et critique cinématographique a pris le rôle de facilitateur auprès d’une jeune génération de critiques africains, à l’occasion de la 14e édition des Récréâtrales. Une expérience placée sous le signe du partage et du dialogue interculturel.
De l’autre côté de l’apprentissage, la transmission. Cinq ans après avoir bénéficié d’un programme porté par NOOCULTURES, Mamadou Oumar Kamara, plus couramment appelé Moka Kamara, est revenu au Laboratoire des Critiques africaines dans une posture inédite : celle de facilitateur. Du 24 au 31 octobre, à Ouagadougou, il a accompagné les finalistes de l’édition 2026 durant leur résidence d’immersion aux Récréâtrales.
Au programme : des conférences de rédaction quotidiennes, un accompagnement personnalisé des productions et une participation au jury du Prix des Critiques africaines 2026. Une mission qui s’inscrit dans la continuité d’un itinéraire professionnel centré sur le journalisme culturel et la critique d’art.
Son parcours avec les programmes NOOCULTURES remonte à 2020. Cette année-là, le chef de service adjoint du service Culture du quotidien Le Soleil remporte le troisième prix de la première édition du Prix NOOCULTURES de la Critique d’Art en Afrique, dédié au cinéma. Un an plus tard, il figure parmi les 19 participants à l’atelier de critique cinématographique organisé lors de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), en collaboration avec la Fédération africaine de la critique cinématographique.
Cinq ans plus tard, il revient dans un laboratoire de critique, mais cette fois centrée sur le théâtre. Pour lui, cette expérience revêt surtout une dimension de transmission. « J’ai pris grand plaisir à agir comme encadrant dans ce laboratoire, car cela me permet d’être un passeur. Je tiens énormément à la transmission, qui prolonge les sens et les principes », confie-t-il.
Ouagadougou, entre création et résistance
Au-delà de l’accompagnement des jeunes critiques venus de divers pays d’Afrique francophone, cette immersion s’est aussi révélée comme une aventure humaine et culturelle. Le choix de Ouagadougou, qu’il décrit comme une « ville d’arts et de symboles », a conféré à cette rencontre une dimension particulière.
Placée sous le thème « Obliger à beauté », la 14e édition des Récréâtrales a offert une réflexion artistique sur la guerre, les conflits et leurs répercussions sur les individus et les communautés. Une programmation qui n’a pas laissé le journaliste indifférent.
« Les propositions artistiques du festival ont été traversées par la question de la guerre, des conflits et de ce qu’ils engendrent comme chaos et perturbations intimes et collectives », souligne-t-il. Malgré la gravité des sujets, il retient la force et la beauté des créations. « Malgré ce tableau de désastres, les performances ont été belles, puissantes, et remarquables. »
Pour Moka Kamara, l’art ne se contente pas de représenter les tragédies. Il leur confère une dimension humaine en donnant des visages à des statistiques et en rendant perceptibles les drames vécus par les populations, notamment en République démocratique du Congo et au Burkina Faso. « Cela m’a marqué, car l’art humanise ces guerres, en RDC ou au Burkina Faso, en leur donnant des visages et en sensibilisant profondément sur ces drames », explique-t-il.
Le critique, un médiateur entre l’œuvre et le public
Cette expérience illustre aussi sa conception du métier de critique d’art. Loin de réduire la discipline à une simple opinion ou à un jugement définitif, Kamara voit le critique comme un médiateur. Son rôle est d’accompagner le public dans la découverte et la compréhension des œuvres, en dépassant ce qui apparaît à première vue.
« Le critique, en règle générale, agit comme un médiateur entre l’œuvre et le public. Il aide à mieux comprendre et à interpréter au-delà des images qui défilent ou des scènes visibles. Il analyse, décode, décrit et présente un point de vue argumenté », précise-t-il.
Outre sa casquette de critique cinématographique et de critique d’art, il collabore avec des revues spécialisées et des quotidiens en Afrique et en Europe. Son expertise l’a conduit à siéger dans plusieurs jurys, notamment celui de l’hymne des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, de StLouis’Docs et de la présélection nationale sénégalaise aux Oscars 2025.