Le Sénégal et la Mauritanie ont créé, le 29 septembre, à Dakar, le Comité régional de coordination du Programme de résilience et de développement communautaire de la Vallée du Fleuve Sénégal (Prdc-Vfs). Porté par le soutien de la Banque mondiale, il vise à renforcer l’intégration économique des territoires frontaliers et leur capacité à faire face aux changements climatiques.
La Vallée du Fleuve Sénégal ne doit plus être envisagée comme une frontière isolée, mais comme un espace d’intégration et de développement partagé. C’est l’objectif clairement affiché hier à Dakar, lors de la première session du Comité régional de coordination (Crc) du Programme de résilience et de développement communautaire de la Vallée du Fleuve Sénégal (Prdc-Vfs). La rencontre a réuni des gouverneurs, walis, élus locaux, représentants de la Banque mondiale et de la coopération espagnole.
Co-présidée par le ministre sénégalais des Infrastructures, Déthié Fall, et son homologue mauritanien de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, elle traduit la volonté des deux États de renforcer leur coopération de proximité. Cette dynamique s’inscrit dans la vision portée par les présidents Bassirou Diomaye Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani qui souhaitent faire de l’espace frontalier un territoire de stabilité et de prospérité commune. Pour Déthié Fall, cette initiative doit permettre d’apporter des réponses concertées aux défis qui dépassent les frontières administratives. Son homologue mauritanien a, pour sa part, insisté sur l’urgence d’une action commune face à la pression sur les ressources naturelles, aux enjeux d’accès à l’eau et à la nécessité de renforcer l’insertion économique des jeunes et des femmes. Le programme entend ainsi contribuer à mieux exploiter ce potentiel à travers la cartographie des chaînes de valeur et l’identification des secteurs à fort potentiel.
Les travaux du Crc ont notamment porté sur la validation d’études destinées à améliorer la productivité, moderniser les infrastructures rurales et renforcer la sécurité alimentaire des populations des deux rives. La dimension climatique occupe également une place centrale. L’objectif est de renforcer la capacité des communautés à faire face aux effets des changements climatiques, tout en développant des activités économiques génératrices de revenus. Pour assurer la cohérence des interventions, les participants ont souligné l’importance d’une coordination étroite entre les niveaux national, régional et local. Le Comité régional de coordination devra notamment harmoniser les différentes interventions et prévenir les chevauchements avec les autres projets déjà déployés dans la zone.
La promotion des Groupements locaux de coopération transfrontalière (Glct) constitue l’une des innovations du Prdc-Vfs. Cet outil doit permettre aux collectivités territoriales sénégalaises et mauritaniennes de travailler directement ensemble, notamment pour co-investir, gérer des infrastructures communes et apporter des réponses adaptées aux besoins des populations.
À l’issue de la session, une feuille de route annuelle a été adoptée pour encadrer la première année de mise en œuvre du programme. Une étape qui doit consolider les bases d’une intégration économique, sociale et territoriale plus étroite entre le Sénégal et la Mauritanie dans la Vallée du Fleuve Sénégal.