C’est une démarche d’envergure qui a été accomplie par le président de l’Association 109. L’homme d’affaires sénégalais établi en Chine, Sourakhata Tirera, a entièrement rénové et équipé l’école primaire El Hadj Alié Codou Ndoye, située dans la commune Gueule Tapée-Fass-Colobane. Le financement provient de ses propres fonds. En effet, cet établissement, niché au cœur de la capitale, était marqué par un état de délabrement inquiétant.
Les conditions y étaient particulièrement préoccupantes en termes d’insécurité et d’insalubrité, ce qui impactait directement les tout-petits qui fréquentent l’école relevant de l’Inspection d’académie de Dakar-Plateau. « Avec ou sans la politique, nous devons accompagner l’État », a déclaré le bienfaiteur. Autour de lui, des personnalités et acteurs locaux ont tenu à saluer l’initiative : Alassane Maguette Ndiaye, directeur de l’école, El Hadji Ibrahima Sakho Ndour, délégué de quartier de Gueule Tapée, Adama Mbengue, Jaraaf de Soumbédioune, Yacine Diop, présidente du Comité de gestion de l’école, et bien d’autres. Tous ont applaudi ce geste noble de M. Tirera. Cette démarche citoyenne a même entraîné une réaction officielle : le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, s’est déplacé sur place pour remercier, au nom de l’État du Sénégal, le bienfaiteur qui n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine social. « Ce qui m’a le plus plu, c’est la profondeur de l’action. C’est le sens de la responsabilité que je vois ici partagé. C’est comme ça que nous devons être. Encore une fois de plus, je salue cette initiative », résume-t-on à propos de Sourakhata Tirera. Il s’agit d’un geste de mécénat et de philanthropie, mais surtout d’un acte empreint de patriotisme. Cet engagement au service de l’éducation mérite d’être salué par tous.
Au-delà de ce seul geste, il convient également de mettre en lumière ces individus qui, par leur réussite, savent aussi venir en aide à leurs semblables sans attendre quoi que ce soit en retour. Parmi eux, on peut citer l’entrepreneur Aliou Sow, lié à la CSE qui avait offert une cité entière à ses collaborateurs. À l’échelle continentale, on peut évoquer Tony Elumelu, banquier d’origine nigérianne qui a su, au-delà de ses racines, faire rayonner l’action sociale à travers l’Afrique. Cet homme d’affaires et philanthrope a créé en 2010 la Fondation Tony Elumelu (TEF), une structure devenue un acteur majeur du financement de l’entrepreneuriat en Afrique. Elle soutient les porteurs de projets, stimule la création d’emplois et fait du secteur privé un moteur du développement du continent. Dans le cadre de son programme entrepreneurial, la TEF offre aux candidats sélectionnés un capital d’amorçage non remboursable de 5 000 dollars, une formation en gestion d’entreprise et un accompagnement par des mentors. En mars 2026, la TEF avait retenu 3 200 entrepreneurs pour sa nouvelle cohorte, avec une enveloppe de 16 millions de dollars destinée à soutenir leurs initiatives. La TEF vise les entrepreneurs issus des 54 pays africains.
Depuis son lancement, ce programme renforce les petites entreprises, stimule l’innovation et favorise l’autonomisation économique des femmes et des jeunes. Par cette approche, Tony Elumelu défend l’« Africapitalisme », une philosophie qui place les entrepreneurs du continent au cœur de sa transformation économique et sociale. En dehors du continent, on peut citer l’exemple de l’industriel américain d’origine écossaise Andrew Carnegie. Souvent appelé le « magnat de l’acier », il était convaincu du pouvoir transformateur de l’éducation. Persuadé que l’accès au savoir et à l’instruction était la clé de la mobilité sociale, il a investi une partie significative de sa fortune dans la construction de plus de 2 800 bibliothèques à travers le monde. En effet, le mécénat ne se résume pas à une simple générosité : il devient un levier puissant pour étendre l’influence sociale et valoriser l’image d’un acteur privé. Cette logique s’applique autant aux entreprises qu’aux particuliers. En investissant dans le bien commun, le bienfaiteur inscrit son action dans la mémoire collective, renforce sa légitimité sociale et forge, au sein de son milieu, une réputation fondée sur la solidarité, la responsabilité et le partage, ce qui facilite sans doute son appropriation par les siens.