Le contexte politique présent pourrait offrir au Sénégal l’occasion de renouer avec une culture axée sur l’efficacité et les résultats tangibles.
Le récent plaidoyer du Premier ministre Mouhamed Al Amine Lo, appelant à une orientation gouvernementale davantage axée sur des résultats mesurables, répond à une attente profonde du peuple sénégalais. Dans ce cadre, il serait judicieux que le Chef de l’État et son équipe mettent en œuvre l’un des principes promus par PASTEF: ouvrir des candidatures pour les postes clés de l’administration et du secteur parapublic.
Depuis les nominations opérées en 2024, il apparaît que nombre de dirigeants d’entreprises et d’organismes publics peinent à délivrer des performances concrètes conformes aux attentes. Parallèlement, l’attention se focalise largement sur les questions politiques et les échéances à venir, en particulier l’élection présidentielle de 2029. Cette effervescence politique est légitime dans une démocratie, mais les préoccupations immédiates des citoyens restent l’emploi, le coût de la vie, l’accès aux services publics et la génération de richesse.
Une réforme fondée sur la compétence et le mérite pourrait être lancée. L’État devrait repérer les postes stratégiques nécessitant un renouvellement et mandate plusieurs cabinets de recrutement spécialisés pour dénicher les meilleurs profils sénégalais, y compris parmi les membres de la diaspora.
Au terme d’une présélection, un comité indépendant, s’inspirant de celui institué dans le cadre de l’initiative « Sunu Champion », pourrait auditionner les candidats et proposer au Président de la République une short-list de trois profils pour décision finale.
Les responsables ainsi désignés seraient liés à l’État par des contrats de performance prévoyant des objectifs clairs et mesurables, suivis périodiquement par les organes délibérants des structures concernées. Les résultats obtenus deviendraient le principal critère de leur maintien ou de leur remplacement.
Le pays traverse une phase durant laquelle l’ensemble des institutions, les dirigeants publics et les citoyens doivent se mobiliser autour de l’efficacité et de résultats tangibles. Les débats politiques et les échéances électorales trouveront leur place en temps voulu. Pour l’instant, l’urgence consiste à répondre aux attentes concrètes des Sénégalais et à accélérer la transformation économique et sociale du pays.