Le domaine de la formation des entraîneurs prend une dimension accrue dans le football africain. Selon les chiffres publiés hier par la Confédération africaine de football (Caf), 19.685 techniciens ont été certifiés sur l’ensemble du continent entre 2021 et 2026. Cette dynamique, selon l’organisme, illustre l’importance accordée au renforcement des compétences techniques et au développement durable du football africain.
Dans le détail, 12.770 licences Caf C, 4.846 licences Caf B, 1.945 licences Caf A et 124 licences Caf Pro ont été délivrées au cours de la période, selon l’instance dirigeante. La progression s’est poursuivie au fil des années, avec 1.797 entraîneurs certifiés en 2021, 2.593 en 2022, 3.746 en 2023 et 4.280 en 2024, année qui enregistre le niveau annuel le plus élevé. Le nombre de certifications s’est ensuite établi à 3.938 en 2025 et 3.331 en 2026. Pour la Caf, ces chiffres traduisent l’élargissement des possibilités de formation et de certification proposées aux techniciens des 54 Associations membres. Ils témoignent également de la volonté de renforcer progressivement l’encadrement technique du football africain.
La Caf met également en avant la progression des entraîneurs africains sur les bancs des sélections du continent à la Coupe du Monde. Un seul entraîneur africain dirigeait une sélection africaine en 2010. Ils étaient deux en 2014 et deux en 2018. En 2022, les cinq représentants africains étaient tous dirigés par des techniciens africains. Pour l’édition 2026, alors que l’Afrique comptait dix représentants, six sélections étaient dirigées par des entraîneurs africains, selon les données de la Caf. L’instance relève par ailleurs que neuf des dix représentants africains ont atteint la phase à élimination directe. Plusieurs techniciens du continent se sont ainsi illustrés lors des dernières éditions. Avec le Cabo Verde, Bubista a conduit la sélection à sa première qualification pour une Coupe du Monde avant de l’accompagner jusqu’à la phase à élimination directe. En Côte d’Ivoire, Emerse Faé a dirigé les Éléphants lors de leur parcours jusqu’à la phase à élimination directe. Hossam Hassan a également dirigé l’Égypte lors de la phase finale du Mondial 2026.
La Caf rappelle surtout le parcours de Walid Regragui, qui a conduit le Maroc jusqu’en demi-finale de la Coupe du Monde 2022, devenant le premier entraîneur africain à atteindre le dernier carré de la compétition. La question de la formation des entraîneurs figure parmi les sujets abordés lors de la Conférence stratégique de la Caf, organisée du 7 au 9 octobre à Sal, au Cabo Verde.
Cap sur 2030
Cette rencontre doit notamment permettre de tirer les enseignements de la Coupe du Monde 2026 et de réfléchir aux moyens de renforcer les structures de développement du football africain en vue des prochaines échéances internationales. La formation, la certification, le partage des connaissances et les parcours permettant aux entraîneurs d’évoluer du football des jeunes vers les clubs et les équipes nationales constituent les principaux axes de cette réflexion. Pour la Caf, l’enjeu ne se limite désormais plus à augmenter le nombre de techniciens certifiés. Il s’agit aussi de les accompagner dans leur progression à travers la formation continue, l’accès à l’expérience et la mise en place de parcours professionnels leur permettant d’évoluer dans les différents secteurs du football. À l’approche de la Coupe du Monde 2030, la Caf entend ainsi poursuivre ses efforts en matière de développement technique et renforcer les dispositifs permettant aux entraîneurs africains de jouer un rôle accru dans la progression du football sur le continent. Les 19.685 certifications délivrées entre 2021 et 2026 constituent, selon l’instance, une étape importante dans cette dynamique de formation et de professionnalisation de l’encadrement technique africain. Le prochain défi sera de transformer cette progression quantitative en une présence encore plus forte des techniciens africains au plus haut niveau.