Plus que la simple rupture des privations, la Korité, aussi appelée Aïd-el-Fitr, se présente comme une invitation à persévérer dans le bien, selon l’imam Assane Seck, spécialiste du droit islamique et professeur d’arabe au lycée de Diamniadio.
La fin du Ramadan se manifeste par la célébration de la Korité. Cette journée représente un moment de joie pour les plus jeunes et une simple rupture avec les privations pour d’autres fidèles. Toutefois, selon l’imam Seck, cette fête doit être comprise comme l’aboutissement d’une transformation spirituelle profonde. Selon lui, c’est en ce jour que Dieu libère les musulmans de l’enfer, car tous les péchés sont pardonnés. «Même les péchés capitaux sont effacés pour ceux qui ont jeûné durant tout le mois et célébré la Nuit du Destin, Laylatoul khadr», explique-t-il. Ainsi, pour cet écrivain et directeur du Centre de l’initiative intellectuelle pour la traduction et la sensibilisation islamique, le fidèle doit célébrer la Korité avec la conviction d’avoir été purifié.
Après s’être acquitté, la veille, de la «Zakat al-Fitr» («Muurum Koor» en wolof), le fidèle doit observer certaines recommandations le jour J. À défaut d’habits neufs, il convient de porter ses plus beaux vêtements compte tenu de l’importance de la journée. Le spécialiste précise que même en période de menstrues, les femmes peuvent se rendre à la mosquée pour écouter les sermons et prières de l’imam. Par ailleurs, il est conseillé aux fidèles de manger quelque chose avant de se rendre au lieu de prière et d’emprunter un chemin différent pour le retour. Au‑delà de la dimension spirituelle individuelle, l’imam Seck soutient que la Korité doit être vécue dans une atmosphère de solidarité et surtout de pardon mutuel. Puisqu’Allah a pardonné tous les péchés, refuser de pardonner à son prochain revient, selon lui, «à nourrir une haine intérieure».
Cependant, l’essentiel réside, à son avis, dans le fait d’être des adeptes de la « Rabanya », cet état qui a facilité l’accomplissement de bonnes actions et le renoncement aux interdits. D’après ses explications, le Ramadan est une véritable épreuve spirituelle. Durant 30 jours, les fidèles jeûnent avec le souci de consolider les liens de solidarité, de lire régulièrement le Coran et de rester sincères et véridiques, conformément à l’esprit du jeûne. Au demeurant, il estime que ce mois sacré est la preuve que l’on peut réellement se conformer aux recommandations divines en renonçant à ses désirs les plus forts, tels que la nourriture ou l’intimité conjugale.