Dans le cadre d’une mission de travail, Déthié Fall, ministre chargé des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, a effectué une visite dans les localités de Kédougou et de Saraya, particulièrement le long du corridor stratégique menant à la frontière avec le Mali. Accompagné des équipes de PROMOVILLES et de l’AGEROUTE, il est venu évaluer l’avancement des projets routiers et d’aménagement urbain, tout en dialoguant directement avec les élus et les populations locales.
Le ministre Déthié Fall était escorté de la gouverneure de la région de Kédougou, Mariama Traoré, et de son adjoint, des préfets de Kédougou et de Saraya, ainsi que des élus territoriaux et des responsables de Promovilles et de l’Ageroute.
Sur l’axe Saraya-Moussala, il a reconnu les efforts déjà fournis sur le corridor Dakar–Bamako par le Sud (RN7), tout en appelant les entreprises à accélérer les travaux restants.
« Nous sommes venus observer sur le terrain les progrès importants réalisés par l’AGEROUTE sur une grande partie du corridor et appeler à une mobilisation rapide de l’entreprise pour finaliser le reste », a déclaré Déthié Fall.
D’un linéaire total de 136,4 km, ce projet structurant, financé à hauteur de 50,4 milliards de FCFA, affiche des taux d’avancement significatifs : 85,5 % sur le tronçon Mako–Kédougou, 79 % sur Kédougou–Saraya et 77 % sur Saraya–Moussala. Plus de 350 emplois directs, dont une forte proportion de main-d’œuvre locale et féminine, ont déjà été créés.
Dans le département de Saraya où il s’est rendu, les élus locaux ont exprimé avec insistance les besoins prioritaires, le chef-lieu frontalier avec le Mali nécessitant notamment le désenclavement des communes et la construction d’édifices publics.
« Saraya est la porte d’entrée du Sénégal. Nous aspirons à un hôtel de ville digne de son statut, moderne et représentatif », a plaidé le maire de Saraya, Sambaly Biagui, soulignant que l’actuel bâtiment date des années 1980. Il a aussi sollicité l’accompagnement du ministre pour la construction de nouvelles écoles, afin d’alléger les enseignants et les élèves, d’autant plus que sa commune, capitale départementale, ne compte qu’une seule école élémentaire.
Dans la commune de Kédougou où a démarré la visite, le programme PROMOVILLES est en train de redessiner le visage urbain de la capitale régionale. Financé conjointement par l’État du Sénégal et la BADEA, pour un montant global de 5,76 milliards de FCFA, le projet prévoit la construction et la réhabilitation de 6,45 km de routes en bitume et en pavés, avec l’assainissement des eaux pluviales et l’éclairage public.
Ainsi, au total, 328 lampadaires ont été installés, améliorant la sécurité nocturne, tandis que 24 salles de classe, la Maison de la Femme, des aménagements paysagers et divers équipements sociaux ont été renforcés.
« Ces réalisations témoignent d’un travail remarquable », s’est félicitée le ministre, annonçant être « en position avancée pour constater l’ensemble des ouvrages lors de la prochaine visite du Président de la République dans la zone ».
Confronté aux multiples sollicitations, Déthié Fall a rappelé la réalité du contexte budgétaire, tout en réaffirmant la détermination des plus hautes autorités.
« Il existe un déficit important en infrastructures à combler. Il serait utopique de tout régler simultanément. Cependant, la volonté du chef de l’État et du Premier ministre demeure inchangée », a-t-il assuré.
Selon le ministre, la priorité est donnée à une approche pragmatique et progressive, fondée sur des descentes régulières sur le terrain afin d’identifier les urgences et d’y apporter des réponses concrètes.
« Les infrastructures se concrétisent sur le terrain. Rien ne remplace une descente sur place pour voir, écouter et rassurer les populations », a-t-il insisté.
De leur côté, les élus ont unanimement salué cette visite ministérielle, perçue comme un signe fort de proximité entre l’État central et les territoires frontaliers, souvent confrontés à des retards d’équipements.