Journée internationale : Plus de 800 migrants disparus répertoriés

3 septembre 2025

La cérémonie commémorative de la Journée des personnes disparues, organisée à Mbour, est revenue sur le destin de milliers d’individus perdus en contexte migratoire, un phénomène qui demeure la première cause de disparition au Sénégal. La migration irrégulière, et particulièrement celle réalisée par voie maritime, expose les familles à une souffrance indescriptible, rendue plus complexe par les multiples recherches à mener. Dans ce contexte, l’appel à un renforcement du soutien tant au niveau national qu’international occupe une place centrale.

Selon Nicolas Mendy, responsable du département de protection du CICR à Dakar, la Croix-Rouge sénégalaise a dénombré plus de 800 cas de migrants disparus. Cette statistique est révélatrice: la migration demeure la principale cause de disparition dans le pays. La recherche de ces personnes se heurte à plusieurs obstacles, notamment le manque de documents d’identité, l’accès difficile aux zones de transit comme les itinéraires maritimes et désertiques, et la nécessité d’impliquer les autorités publiques pour obtenir des informations précises.

Le réseau global de la Croix-Rouge, centré sur le rétablissement des liens familiaux, constitue l’instrument principal pour échanger des données et retrouver les migrants. Toutefois, le succès reste relatif. « Le nombre de personnes retrouvées n’est pas élevé, pour être honnête. Cependant, nous avons pu localiser certains individus, notamment grâce à d’autres stratégies de recherche que nous avons pu élaborer », a confié Mendy. À ce jour, au moins douze personnes ont été retrouvées vivantes, et d’autres cas ont été élucidés en partie grâce à des tests d’ADN.

Pour les familles, l’incertitude demeure une douleur permanente. Elles vivent dans un état d’ambiguïté, ne sachant pas si leurs proches sont vivants ou morts. Yayou Bayam Diouf, présidente de la Fédération nationale des associations de migrants disparus, insiste sur l’impact psychologique dévastateur de cette situation. « Sur le plan psychologique, ils restent avec nous », affirme-t-elle, soulignant l’importance d’un soutien en santé mentale pour les familles.

Au-delà de l’aspect psychologique, les familles font face à des difficultés économiques, juridiques et sociales. C’est pourquoi la fédération interpelle le président de la République, en appelant à ce que les besoins des familles soient pris en compte dans les politiques publiques. Mme Diouf salue les avancées locales, comme la création d’un comité de suivi à Mbour afin de mieux recenser les disparus et de cartographier les cas. Le soutien du Tribunal de grande instance a également été salué pour faciliter les démarches de déclaration d’absence et de décès, indispensables pour les questions de succession ou de remariage.

Nicolas Mendy a également relevé une évolution positive de la part de l’État sénégalais. « Au niveau du ministère des Affaires étrangères, on constate que certains actes sont entrepris, notamment la nomination d’un point focal des migrants disparus et décédés. Cette mesure témoigne de la volonté du gouvernement de faire de cette problématique une priorité. » Malgré ces avancées, les deux porte-parole ont réaffirmé l’importance d’une implication plus soutenue des autorités afin d’aider les familles à obtenir des réponses et à mettre fin à leur souffrance.