Dans la nuit du 21 septembre, un dispositif d’envergure a été déployé par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique dans le cadre d’une opération d’assainissement et de sécurisation étendue sur la région de Dakar, et ce en prélude à la tenue des Jeux Olympiques de la jeunesse (Joj), « Dakar 2026 ».
Au rond-point de la Place Washington, une compagnie de policiers en uniforme d’apparat rend les honneurs au ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé. Après les salutations d’usage, les agents abaissent brièvement la main droite qui venait de couvrir leur béret rouge, puis claquent des mains et battent des pieds en rythme, marquant ainsi le coup d’envoi officiel de cette campagne nocturne de désencombrement dans la zone de Dakar. D’un pas sûr et décidé, le ministre entame la progression vers la première étape de l’opération: Dakar-Plateau.
Il est presque vingt et une heures lorsque les engins prennent le relais du cortège: chariots élévateurs, chargeuses-pelleteuses et camions se mêlent au dispositif et s’installent sur les lieux quelques instants plus tard. Sous l’éclat blanc des réverbères, une chargeuse-pelleteuse, occupée par trois intervenants, s’attaque à la destruction des panneaux publicitaires. Les coups résonnent avec force, saturant l’air des gaz d’échappement des machines. À chaque impact, deux panneaux cèdent sous le poids, tandis qu’un troisième, plus résistant, résiste pendant près de cinq minutes avant de s’effondrer à son tour. L’ensemble des opérations se déroule sous l’œil vigilant des services de la Ville de Dakar, de la commune de Dakar-Plateau et des services du cadre de vie. Puis, les équipes s’attellent à dégager les voitures stationnées, qu’elles soient en parfait état ou hors d’usage.
Levées par un chariot suréleveur, comme Simba brandi par Rafiki, ces véhicules sont déposés un à un, avec un soin mesuré, sur les porte-engins. Ne serait-ce que pour être sur le pavé, Alioune Ndoye, maire de Dakar-Plateau, salue cette initiative de désencombrement et précise que la région de Dakar avait grand besoin d’un tel mouvement afin de « redonner vie à son cadre de vie, surtout en prévision des Joj ». La sécurité demeure la priorité suprême, et les consignes de prudence, ainsi que les appels à la vigilance, fusent de toutes parts.
Après Dakar-Plateau, le cortège se dirige vers Rebeuss. Il est un peu après vingt-deux heures lorsque les fresques murales de la maison d’arrêt accueillent le convoi. Les installations illégales persistant entre le Palais de justice et la prison ne sont pas épargnées: elles sont embarquées à leur tour. La opération de désencombrement poursuit son élan, et la longue file de véhicules se met en mouvement en direction des Parcelles Assainies. Le convoi arrive ensuite au rond-point « Case-Ba », sur l’axe menant vers Cambérène.
Sur place, les forces de police se déploient en grand nombre face à une foule partagée entre partisans et opposants à l’opération. Sous le regard contrasté des habitants, le ministre de l’Intérieur tient à rassurer: l’État agit pour le bien de tous et non pour en desservir une partie. Vêtu d’un ensemble traditionnel bleu, il rappelle aux occupants de la zone qu’il est impératif de rétablir l’ordre dans cet espace public, qui représente parfois une menace pour la sécurité. Selon lui, le cycle de réoccupation illégale des voies publiques doit cesser.
Il assure que, cette fois, l’État prendra toutes les dispositions nécessaires pour assurer un suivi rigoureux. « Après ces démantèlements et ces enlèvements, une présence policière sera déployée sur place pour assurer le suivi, mais aussi pour garantir la sécurité », a-t-il déclaré. Djamil Sané, maire des Parcelles Assainies venu assister aux opérations, estime qu’il est urgent de rétablir l’ordre dans la zone. Il confie que ces deux artères abritent un marché informel où sévissent des receleurs qui alimentent l’insécurité. Un collectif regroupant les riverains des Unités 6, 7 et 8 s’était d’ailleurs rendu à son bureau pour dénoncer les violences et les nuisances.
Pendant ce temps, les engins poursuivaient leur travail dans un vacarme assourdissant, tandis que les équipes de la Sonaged profitaient de la nuit pour nettoyer et dégager les lieux. Au rond-point de Bountou Pikine, le ministre Mouhamadou Makhtar Cissé et le maire Abdoulaye Timbo supervisaient l’opération de désencombrement visant à démolir les installations illégales (toitures en zinc, panneaux publicitaires) et à nettoyer la voie publique avec la collaboration de la Sonaged.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la sécurisation de la région de Dakar, de l’amélioration du cadre de vie et des préparatifs pour les Joj. Tout en rappelant que le désencombrement demeure avant tout une prérogative des collectivités territoriales, le ministre a réaffirmé le soutien de l’État et appelé à une coordination rigoureuse afin d’éviter tout désordre institutionnel. Sur le terrain, l’opération a reçu l’adhésion des autorités, tandis que des artisans touchés par la destruction de leurs aménagements reconnaissent le bien-fondé de cette lutte contre l’occupation anarchique.