La clé de ma réussite repose sur trois éléments fondamentaux. En premier lieu, après l’année dernière, j’ai pris conscience de mon manque de régularité dans le travail, ce qui m’a amené à concentrer mes efforts sur ce point précis. Ensuite, j’ai compris que ma qualité de vie jouait un rôle essentiel dans ma performance à long terme. J’ai donc décidé d’adopter une hygiène de vie rigoureuse : je me suis mis à pratiquer beaucoup de sport, ce qui m’aide à rester en forme, et j’ai commencé à me coucher tôt afin d’avoir un sommeil réparateur, vital pour mon endurance et ma concentration. Enfin, l’entourage que j’ai a été un soutien précieux. Je suis intégré dans un cadre favorisant l’excellence, notamment au sein de notre école militaire. Je tiens à remercier le commandement et les encadreurs militaires qui veillent à notre formation et à notre discipline. J’ai également été entouré par des enseignants dévoués, tels que M. Diop, M. Mbaye, M. Koné, entre autres, ainsi que par mes camarades de la TS1, avec qui j’ai énormément travaillé, parfois jusqu’à l’épuisement. La réussite que je connais aujourd’hui, c’est aussi celle de mes professeurs de l’école primaire, comme feu M. Ndao et M. Guèye, que je remercie chaleureusement. Je ne peux pas oublier le soutien inconditionnel de mes parents, ainsi que les conseils toujours judicieux de ma sœur Codou, qui m’a beaucoup aidé.
Ce que je ressens pour les sciences vient avant tout de mon environnement familial. En effet, mes parents, mon père étant mathématicien et ma mère médecin, ont toujours incarné un univers où les sciences occupaient une place centrale. Dès mon jeune âge, j’ai été captivé par les mathématiques, une passion qui n’a cessé de croître au fil des années. Par la suite, j’ai appris à apprécier également les sciences physiques, qui m’ont permis d’approfondir ma curiosité pour le monde qui nous entoure.
Je souhaite intégrer des classes préparatoires dans des écoles d’ingénieurs en France, avec pour objectif final d’y être admis. Mon ambition ne s’arrête pas là : une fois diplômé, je désire revenir dans mon pays pour y apporter ma contribution. Je souhaite rendre tout ce que le Prytanée m’a donné en me servant de mes compétences au service du Sénégal, en participant à son développement et à sa prospérité.
Les acteurs de notre système éducatif – autorités, enseignants, familles – s’investissent avec une grande dévotion afin de nous offrir une éducation de qualité, souvent dans des conditions difficiles. En tant que jeunes élèves et futurs citoyens, il nous incombe de respecter ces sacrifices. Cela implique notamment de prendre nos études au sérieux, non seulement pour obtenir de bonnes notes, mais aussi pour devenir des individus responsables, intelligents et intègres. Il est également important de respecter les règles, de faire preuve de discipline et d’humilité, même lorsque nous rencontrons du succès. La vraie réussite ne se limite pas aux résultats immédiats, mais se construit dans la constance et l’engagement.
Il ne faut pas oublier que le mérite se forgé à force de persévérance. La réussite ne dépend pas uniquement du talent, mais surtout du travail que l’on fournit, ainsi que du respect des valeurs que nos institutions s’efforcent de transmettre. C’est en montrant maturité et persévérance que nous pourrons mériter la confiance que l’État place en nous, et à travers cela, bâtir un avenir solide pour notre pays.
L’initiative Nithé représente, à mon avis, une réponse lucide et ambitieuse face aux défis actuels de l’éducation. Elle rompt avec une vision classique de l’école centrée uniquement sur la mémorisation et la réussite aux examens, pour proposer une réforme centrée sur l’élève, ses valeurs humaines et notre héritage culturel. Je tiens à saluer particulièrement la place accordée dans cette démarche à l’éthique, au sens du collectif, à la citoyenneté et à la culture, qui doivent être intégrés au cœur de tout processus éducatif.
La révision des programmes scolaires est une étape cruciale si l’on veut que l’école sénégalaise forme des citoyens pleinement conscients de leur identité et aptes à s’adapter aux réalités du monde moderne. Mes priorités pour une telle réforme incluraient notamment : renforcer l’enseignement des disciplines liées à notre culture et à nos valeurs locales, en mettant davantage en avant l’histoire du Sénégal, les langues nationales, les traditions positives et la philosophie africaine. Cela permettra aux jeunes de mieux connaître leur identité, d’appréhender d’où ils viennent, et de bâtir leur futur sur des bases solides. Il est également essentiel d’intégrer dans les cursus une éducation civique et éthique concrète, qui ne se limite pas à un simple cours, mais constitue un véritable projet de formation morale. Il s’agit d’apprendre le respect d’autrui, la tolérance, la justice, la manière de gérer les conflits, tout en développant un esprit de solidarité. Ces compétences constituent un socle fondamental pour la construction d’une société équilibrée.
Par ailleurs, il est indispensable d’adapter nos enseignements aux réalités économiques et sociales de notre pays. Il faut valoriser et développer des secteurs clés pour le développement national, tels que l’agriculture, la transformation locale, le numérique, l’artisanat ou encore l’environnement. Le savoir doit être mis au service de la communauté, dans une logique d’utilité concrète.
Il faut encourager la pensée critique et l’esprit d’initiative dès le plus jeune âge. Les élèves ne doivent pas seulement apprendre par cœur, mais aussi comprendre, analyser, proposer des solutions et entreprendre. Ces compétences doivent faire partie intégrante de l’éducation dès l’école primaire, pour préparer une jeunesse capable de relever les défis de demain.
De plus, le numérique et l’intelligence artificielle (IA) jouent aujourd’hui un rôle central dans tous les secteurs : éducation, santé, agriculture, administration. Leur utilisation intelligente pourrait transformer en profondeur notre pays. Toutefois, cela soulève plusieurs enjeux majeurs, notamment l’accès équitable à ces technologies. Il est essentiel que chaque école, même en zone rurale, dispose d’équipements, d’une connexion Internet fiable et de contenus adaptés pour que tous puissent bénéficier de ces avancées. La formation des enseignants et des élèves doit également être une priorité pour leur permettre de maîtriser ces outils et d’en tirer parti efficacement. Il ne s’agit pas uniquement d’utiliser la technologie, mais aussi de développer une culture numérique critique, capable d’analyser et de questionner l’information.
L’indépendance technologique est également une question cruciale. Le Sénégal doit encourager ses jeunes à inventer et créer ses propres logiciels, plateformes éducatives et solutions numériques spécifiques à notre contexte. En ce sens, la souveraineté en matière de technologie est un enjeu géopolitique autant qu’économique. La question de l’IA soulève aussi des enjeux éthiques, comme la protection de la vie privée, la gestion des données personnelles et la prévention des biais algorithmiques. Pour garantir un usage responsable, une réglementation claire et efficace doit être mise en place. Enfin, maîtriser le numérique peut ouvrir de nombreuses opportunités professionnelles et contribuer à la lutte contre le chômage des jeunes, en leur offrant de nouveaux débouchés.
Je souhaite conclure avec un message d’espoir mêlé de responsabilité. A tous mes camarades, je dis : le chemin vers l’excellence n’est pas évident, mais il est accessible. Il ne requiert pas d’être parfait, mais plutôt de faire preuve de constance, d’humilité et d’une confiance en ses capacités. Il ne faut pas croire qu’il faut venir d’un grand lycée ou avoir tous les atouts pour réussir : la volonté et l’endurance suffisent. À nos enseignants, je tiens à adresser un grand merci. Vous œuvrez souvent dans l’ombre, mais sans vous, aucun d’entre nous ne pourrait avancer. Vous êtes les bâtisseurs silencieux de notre avenir. À nos autorités, je dis : continuez à investir dans l’éducation. Mais surtout, écoutez la voix des élèves. Donnez-nous les moyens, mais aussi la confiance nécessaire pour que nous puissions devenir les acteurs d’un Sénégal plus juste, plus compétent et plus uni. Enfin, à tout le peuple sénégalais, je veux dire que la jeunesse est prête. Prête à apprendre, à servir et à faire rayonner notre pays à travers ses actions et ses réussites.