Quand une femme est exposée à des violences, le sentiment d’indignation apparaît souvent sans retard. Les réseaux sociaux s’enflamment, les communiqués se succèdent et les appels à la justice se multiplient. Et cela se justifie pleinement, car aucune violence dirigée contre les femmes ne doit être banalisée ni passée sous silence.
Mais que se passe-t-il lorsque la victime est un homme ? Les réactions se font plus discrètes. Les voix féministes demeurent étrangement silencieuses dans ces circonstances.
L’affaire Cheikhou Oumar Ndiaye — ce père de famille qui a perdu la vie dans un drame conjugal impliquant son épouse — éclaire précisément ce dilemme. Elle soulève une interrogation qui dérange, mais qui demeure légitime : la compassion serait-elle devenue une question de sexe ?
En principe, défendre les droits humains revient à soutenir toutes les victimes de violences, sans exception. Car la valeur d’une vie humaine n’est pas supérieure chez la femme à celle de l’homme, ni l’inverse.
Par conséquent, les féministes gagneraient à prendre publiquement position sur ce drame. Non pas pour répondre à une injonction extérieure, mais pour rester fidèles aux principes qu’elles défendent et qu’elles portent haut dans l’espace public.
La brutalité n’a pas de sexe. La compassion ne devrait pas en avoir non plus. Ou faudra-t-il attendre que la prochaine victime corresponde à leurs catégories habituelles pour que l’indignation retrouve toute sa vigueur ?