Dans de nombreux terroirs de la communauté seereer, certains rites se voient menacés d’extinction. Cette lenteur dans la transmission intergénérationnelle des savoirs et des pratiques ancestrales soulève le débat sur la pérennité des expressions les plus riches de cette culture. Cela ressemble à une amnésie collective, orchestrée par une jeunesse qui s’identifie à une culture façonnée par la magie des réseaux sociaux. Pour le roi du Sine, les jeunes constituent les derniers remparts capables d’assurer la sauvegarde de la mémoire communautaire seereer. Buur Sine Niokhobaye Diouf Fatou Diène estime qu’au-delà des questions identitaires, la culture représente un levier important de développement économique. « Si je prends le temps de me déplacer pour assister à ce type d’événements, c’est précisément pour démontrer aux jeunes que la culture occupe une place centrale dans le développement. Qu’il soit social ou économique, il faut que les jeunes comprennent que la culture est à la fois le point de départ et l’aboutissement de tout processus de développement », a expliqué l’autorité coutumière. Face à l’inquiétude du patriarche, les élèves et étudiants originaires de Vélingara s’imposent comme des modèles. À travers le festival « Seereer Tigi », Adama Ndiaye et ses compagnons ont revêtu leurs costumes d’ambassadeurs afin de veiller à la pérennité de la culture de leur communauté. « La meilleure façon de restaurer ces valeurs, c’est d’organiser des festivals, et c’est aussi sensibiliser les jeunes par des panels et des discussions autour des institutions culturelles comme le « Ndut », ainsi que les mariages traditionnels, afin que la jeunesse prenne conscience de l’importance de l’héritage qui nous a été transmis », a souligné le journaliste.
Cette dynamique met en exergue l’idée que l’identité, la mémoire et le développement avancent de concert lorsque les jeunes s’impliquent et que les manifestations culturelles deviennent des lieux d’échange et d’éducation, capables de relier passé et avenir.