Dans un nouveau rapport publié le 18 février, l’Unesco attire l’attention sur la prépondérance croissante de l’intelligence artificielle (IA). Le document, intitulé « Repenser les politiques en faveur de la créativité », affirme que, d’ici 2028, l’impact des produits de l’IA générative devrait entraîner des pertes de revenus mondiales de 24 % pour les créateurs de musique et de 21 % pour les créateurs audiovisuels.
La vitesse à laquelle progresse l’IA générative est en train de réécrire l’histoire dans presque tous les domaines de la vie humaine. Le nouveau rapport de l’Unesco, publié le 18 février et consultable sur le site de l’agence, met en garde contre une éventuelle diminution des revenus des créateurs à l’échelle mondiale d’ici 2028, imputable à l’IA. « D’ici 2028, l’impact des produits de l’IA générative devrait entraîner des pertes de revenus mondiales de 24 % pour les créateurs de musique et de 21 % pour les créateurs audiovisuels. Les compétences numériques essentielles sont détenues par 67 % des personnes dans les pays développés, contre seulement 28 % dans les pays en développement, ce qui renforce les disparités entre le Nord et le Sud », révèle l’Unesco. Son rapport « Repenser les politiques en faveur de la créativité » dresse le portrait d’un paysage culturel en mutation, marqué par la transformation numérique, l’intelligence artificielle, les dynamiques commerciales mondiales et les menaces grandissantes sur la liberté artistique.
Ce document mondial de suivi, basé sur des données issues de plus de 120 pays, appelle à l’adoption de politiques plus robustes pour protéger les créateurs face à des inégalités croissantes. Le rapport souligne des disparités, car « les compétences numériques essentielles sont détenues par 67 % des personnes dans les pays développés, contre seulement 28 % dans les pays en développement, ce qui renforce les écarts entre le Nord et le Sud ». Dans le même esprit, il pointe que « la concentration du marché entre les mains d’un nombre réduit de plateformes de streaming et l’opacité des systèmes de sélection des contenus marginalisent les créateurs moins connus ».
L’Unesco met également en évidence les limites des mesures de politique publique efficaces dans un contexte où seuls 48 % des pays élaborent des statistiques pour suivre la consommation culturelle numérique. Par ailleurs, indique le rapport, le commerce mondial des biens culturels a doublé pour atteindre 254 milliards de dollars américains en 2023, et 46 % des exportations proviennent des pays en développement. Pourtant, précise-t-il, « les pays en développement ne représentent qu’un peu plus de 20 % du commerce mondial des services culturels, ce qui reflète des disparités croissantes à mesure que les marchés s’orientent vers les formats numériques ».