Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement affirme des avancées tangibles dans la prévention et la gestion des inondations. À la date du 14 octobre 2026, la plateforme Allô Inondation avait enregistré 1 265 signalements répartis sur 12 régions, dont 1 004 ont été résolus. Malgré ces résultats, les autorités invitent à préserver une vigilance constante face au risque persistant de nouvelles pluies abondantes.
La saison hivernale 2026 n’a pas encore livré toutes ses pluies. Malgré les efforts déployés pour prévenir et maîtriser les inondations, le ministère maintient un appel à la vigilance et à l’action. Dans son point de situation au 14 octobre 2026, il signale des progrès dans plusieurs localités qui avaient souffert durant l’année précédente, tout en rappelant la nécessité de poursuivre les interventions et les investissements structurels.
Les pluies soutenues enregistrées en début octobre rappellent que le risque demeure. Le 4 octobre, la station de Dakar‑Yoff a mesuré 137,5 mm en 24 heures, ce qui constitue le troisième cumul journalier le plus élevé depuis 1981, après les épisodes du 26 août 2012 (160,8 mm) et du 7 septembre 1996 (144,1 mm).
Dans la région de Dakar, plusieurs localités ont reçu plus de 100 mm au cours de cette journée, notamment Rufisque (142 mm), Dakar‑Yoff (137,5 mm), Ngor (116,3 mm), Keur Massar (111 mm), Guédiawaye (107 mm) et Mbao (106,5 mm). Au 8 octobre, le cumul saisonnier dans l’aire dakaroise s’établissait à 605,4 mm, soit environ 159 % de la normale.
Face à ce contexte, le ministère réaffirme la nécessité de maintenir le dispositif en état de fonctionnement. « L’hivernage n’est donc pas achevé, ce qui impose de garder une posture d’anticipation », indique la communication, qui recommande notamment de surveiller les points bas et les ouvrages sensibles et de prépositionner les moyens d’intervention.
594 km de réseaux curés et 547 sites de pompage
Pour contrer les risques d’inondation, les services de l’État ont conjugué mesures préventives, interventions curatives et travaux structurants. Le bilan présenté par le ministère fait état de 594 km de réseaux curés, de plus de 200 ouvrages surveillés et de 547 sites de pompage mobilisés.
La Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) a également pré‑identifié 148 sites endémiques, dont 112 exposés aux eaux pluviales et 36 liés aux crues. À Thiaroye, les forages ont produit 899 166 m³ d’eau, dont 761 792 m³ ont été évacués vers le marigot de Mbao.
À Dakar, les travaux entrepris couvrent notamment les Parcelles Assainies U24, la ZAC de Mbao, Keur Massar, le cimetière de Thiaroye ainsi que les projets d’assainissement PIS 1 et PIS 2. Aux Parcelles Assainies U24, la capacité de pompage est passée de deux équipements de 250 m³/h à deux équipements de 730 m³/h, soit une augmentation de capacité presque triple et demi.
Le ministère met aussi en exergue les progrès réalisés dans certaines localités particulièrement éprouvées pendant l’hivernage 2025. À Bambey, malgré des précipitations du même ordre que celles de l’année précédente, le niveau d’inondation est resté maîtrisé grâce au curage du réseau effectuée par l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) et au soutien du Génie militaire.
À Diourbel, l’installation de conduites de drainage entre le marché Ndiarème et Gambi Souf, ainsi que le creusement d’une tranchée vers l’ancienne carrière, ont amélioré l’évacuation des eaux. À Touba, la mise en place des canaux central et principal et les travaux portant sur 18 km de réseaux d’évacuation en cours contribuent aussi à réduire les risques. À Kaffrine, le curage du réseau et le reprofilage du bassin ont permis de maintenir la situation sous contrôle, indique le ministère.
Allô Inondation : 261 signalements encore en cours
Autre dispositif mis en avant par les autorités : la plateforme Allô Inondation, accessible gratuitement au numéro vert 200 450 et via WhatsApp, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Elle offre aux habitants la possibilité de signaler les inondations et les défaillances d’ouvrages afin de faciliter l’intervention des services compétents.
À la date du 14 octobre, la plateforme avait enregistré 1 265 signalements dans 12 régions. Parmi eux, 1 004 ont été résolus, soit un taux de résolution de 79,4 %, tandis que 261 restaient en cours de traitement. Près de 120 volontaires, appelés Agents polyvalents d’intervention pluviale (APIP), avaient été mobilisés pour soutenir les interventions de proximité.
La région de Dakar concentre à elle seule 822 signalements, dont 700 ont été résolus, soit un taux de résolution de 85,2 %. Saint‑Louis recense 239 signalements, dont 158 traités. Avec 81 cas encore en cours, cette région figure parmi les territoires suivis en priorité. À Diourbel, 20 signalements sur 77 restaient en cours de traitement.
Le dispositif intègre également des seuils d’alerte pluviométrique dans sept localités dotées d’un Plan communal de sauvegarde (PCS), notamment Sangalkam, Bambilor, Touba, Kaolack, Kaffrine et Tambacounda. Les précipitations observées et prévues y sont comparées à des seuils établis à partir des études des Plans de gestion des risques d’inondation (PGRI) et des PCS, avec l’appui de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM).
Cette approche vise à anticiper les risques avant que les eaux ne s’accumulent. « L’alerte locale ne repose plus uniquement sur l’observation des inondations, mais sur des seuils objectifs, connus à l’avance, qui permettent de pré‑positionner les moyens avant l’accumulation des eaux », précise le document.
Plus de 921 milliards de FCFA pour la stratégie nationale
Malgré ces résultats revendiqués, le ministère reconnaît la persistance de plusieurs défis. Les réseaux, bassins et stations de pompage peuvent atteindre leurs limites lors de pluies extrêmement intenses et concentrées. L’ensablement des réseaux, les difficultés de maintenance, l’urbanisation des zones exposées et les besoins de financement constituent également des contraintes à surmonter.
Pour apporter une réponse durable, l’État entend accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale de gestion intégrée du risque d’inondation (SNGIRI) à l’horizon 2040. Son coût global est estimé à environ 921,7 milliards de FCFA sur la période 2025-2040, dont 635 milliards pour la phase d’accélération 2025-2030.
Le Programme de renforcement de la résilience contre les inondations au Sénégal (PRRIS) prévoit, pour sa part, une enveloppe de 119 milliards de FCFA sur cinq ans, de 2027 à 2031. Les interventions ciblent notamment Dakar, Diourbel-Touba, Kaolack-Kaffrine, Tambacounda, Kolda et Kédougou.
Au lendemain des fortes pluies du 4 octobre, les opérations de pompage avaient permis, selon le ministère, d’évacuer les eaux et de libérer les axes routiers en 48 heures. Les équipes sont toutefois restées mobilisées après les précipitations enregistrées dans la nuit du 7 au 8 octobre, qui ont atteint 86 mm. Le ministère estime que les efforts engagés ont renforcé les capacités d’intervention de l’État, mais reconnaît que les épisodes exceptionnels, l’urbanisation et la vulnérabilité persistante de certains bassins versants imposent de poursuivre les investissements.