Etendue sur 10 430 hectares, la Réserve naturelle communautaire de Palmarin (Fatick) se présente comme un véritable sanctuaire pour une multitude d’espèces d’oiseaux. Ce havre naturel, baigné d’une quiétude profonde et d’un silence quasi sacré, offre aux oiseaux migrateurs, venus de contrées lointaines, un cadre idéal pour la reproduction, l’alimentation et un refuge face aux aléas climatiques. Aujourd’hui, leur présence sur le site génère des ressources, stimule le développement économique et favorise la création d’emplois dans la zone.
FATICK – À l’arrivée à la Réserve naturelle communautaire de Palmarin, le visiteur est accueilli par un paysage où s’allongent des puits de sel à perte de vue. À proximité de chacun de ces marais salants, un tas de sel est soigneusement recouvert d’une bâche ou d’un morceau de tissu, parfois abîmé. Au loin, diverses espèces d’oiseaux profitent de l’humidité des lieux, là où les eaux s’étaient retirées sous l’emprise de la marée basse. Pélicans blancs ou gris, hérons cendrés, cormorans, aigrettes à gorge blanche ou barges : tous ont élu domicile dans cet habitat naturel traversé par la route menant au village de Djifère (commune de Palmarin). Avec ses milliers de puits de sel, ce patrimoine communal à quatre villages s’étend sur 10 430 hectares. Bien que les oiseaux se trouvent en sécurité dans leur environnement, ils demeurent vigilants face à toute présence étrangère. La moindre perturbation suffit à les faire déployer leurs ailes et à s’éloigner. Pour les observer sans les déranger, il faut garder ses distances et s’équiper de jumelles, seul moyen de tromper leur vigilance.
Le charme du site réside dans la diversité de ses écosystèmes marins, terrestres et de la mangrove, comme le rappelle un adjoint au conservateur. En tenue de terrain réglementaire, ce défenseur de la biodiversité évalue à environ 40 le nombre d’espèces recensées sur place. Son regard, posé sur Palmarin depuis un an, se réjouit de la complicité et de la coopération avec les communautés riveraines. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les populations qui participent pleinement à la gestion du site. Elles sont systématiquement informées des actions à mener et des décisions à prendre », précise-t-il, soulignant l’existence d’un comité de gestion local. Il s’agit d’une « gestion participative où, aux côtés de l’État, les communautés jouent un rôle central ».
Compte tenu de son potentiel touristique, la Réserve naturelle communautaire de Palmarin contribue activement au développement économique de la zone. La fréquentation varie selon les saisons. L’affluence peut atteindre un pic pendant la haute saison, avec jusqu’à 1 000 visiteurs par mois. En revanche, durant l’hivernage (basse saison), la fréquentation se situe entre 100 et 400 touristes. Grâce à une stratégie de conservation efficace, la réserve génère des revenus au bénéfice des habitants et poursuit son objectif : créer des emplois via l’écotourisme. Chaque visiteur s’acquitte d’un droit d’entrée. « Des spécialistes viennent du monde entier. Nous accueillons de nombreux ornithologues ainsi que des visites scientifiques et scolaires. Chaque visite fait l’objet d’un forfait », précise-t-on.
Depuis sa création en 2001, la Réserve de Palmarin est devenue un point d’ancrage privilégié pour les oiseaux migrateurs venus des quatre coins du monde. Le responsable indique que 39 espèces ont été recensées le mois dernier, pour un effectif dépassant les 10 000 spécimens. Ces oiseaux trouvent sur ce site un climat favorable et une nourriture en abondance. Les conditions météorologiques et les besoins de reproduction poussent également ces colonies à faire halte à Palmarin.