« Hamady Walaldé » n’est pas une figure historique au sens courant du terme. Le nom désigne plutôt, selon les chercheurs, un squelette humain découvert lors de fouilles menées près de Boobhobé, à moins d’un kilomètre du village. Hamady, prénom peul, est traditionnellement celui de l’aîné d’une famille et il a été associé au nom même du site. Walaldé figure parmi les sites archéologiques majeurs de la moyenne vallée du fleuve Sénégal. Des fouilles y ont été réalisées à la fin des années 1990, notamment dans le cadre du programme régional Middle Senegal Valley, avec des chercheurs tels que Hamady Bocoum, Alioune Dème et Susan McIntosh. Ces travaux ont montré qu’une communauté d’agropasteurs, déjà maîtresse du fer, s’était installée sur ce site d’environ cinq hectares entre 800 et 550 avant notre ère, et y est restée jusqu’aux alentours de 400–200 avant J.-C. Les niveaux les plus anciens témoignent d’une transition vers la métallurgie du fer, encore associée à des outils en pierre taillée ; les couches plus récentes ont livré d’importants résidus de forge et de fonte, des scories et des tuyères. Le cuivre provenant d’Akjoujt atteste des échanges à longue distance. Le site a aussi livré de la céramique et une série de sépultures à l’ocre rouge. En juillet 2015, ce fossile a été présenté au grand public dans le cadre d’un documentaire du laboratoire d’archéologie du département d’Histoire de l’Ucad, Le Premier Homme du Fouta : Hamady Walaldé, qui le présente comme le plus ancien occupant connu de la région. La médiatisation a déclenché des débats. Certains ont averti contre toute conclusion hâtive sur l’appartenance ethnique du défunt, rappelant que les premiers habitants attestés du Fouta ne seraient pas nécessairement peuls et pourraient être rattachés à d’autres groupes, sérères ou bambara par exemple. D’autres ont souligné l’ancienneté du site, que la tradition orale relie à l’histoire de Mawndou Walaldé, cité ancienne dont les vestiges se trouvent aujourd’hui à Tékane, en Mauritanie, et où auraient été inhumés d’anciens rois et dignitaires.
Texte réécrit pour l’occasion, sans attribution personnelle.