Le secrétaire général des Nations unies (ONU), António Guterres, s’est exprimé mardi devant l’Assemblée générale réunie pour la 81e session en appelant à une réforme du Conseil de sécurité, et à l’instauration d’une représentation africaine permanente.
Selon lui, les institutions mondiales reflètent encore les réalités et les intérêts d’un pouvoir d’un temps largement révolu, et il est désormais nécessaire de réformer le Conseil. Le chef de l’ONU a dénoncé « l’injustice d’un système hérité d’une époque où une grande partie de l’Afrique était encore sous domination coloniale ».
L’idée d’un siège permanent pour l’Afrique au sein du Conseil de sécurité s’appuie sur un argument central: l’architecture du Conseil reflète encore en grande partie l’équilibre géopolitique de 1945, alors que le monde a profondément évolué. Le Conseil permanent demeure composé des États qui étaient les grandes puissances victorieu ses de la Seconde Guerre mondiale: les États‑Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume‑Uni.
Aujourd’hui, l’Afrique compte 54 États membres de l’ONU, soit plus d’un quart des membres de l’Organisation, et une population dépassant les 1,4 milliard d’habitants.
L’Afrique contribue significativement aux opérations de maintien de la paix
Il faut noter qu’une part importante des crises examinées par le Conseil concerne le continent africain. L’Afrique apporte également une contribution notable aux missions de paix menées par l’ONU. Le continent accueille la majeure partie des opérations de maintien de la paix et fournit plusieurs des principaux contingents de Casques bleus.
Il existe donc un paradoxe: la partie du monde la plus exposée aux décisions du Conseil participe à leur mise en œuvre sans disposer d’un siège permanent pour contribuer à leur élaboration.
Un siège permanent pour l’Afrique renforcerait l’équilibre géopolitique du Conseil et permettrait notamment d’améliorer l’attention portée aux problématiques liées aux conflits africains.