Au lendemain de la Déclaration de politique générale (DPG), le Premier ministre passe désormais de la théorie à l’action. Lors du Conseil des ministres du jeudi 10 septembre 2026, il a invité l’exécutif à transformer en mesures concrètes les engagements énoncés le 8 septembre, en s’appuyant sur le Référentiel Sénégal 2050 et une nouvelle approche de gestion fondée sur la notion de « méthode ».
Le chef du gouvernement a précisé que son exposé visait à faire sienne et concrétiser, dans l’action publique, les enseignements de la DPG du 8 septembre 2026, les échanges qui l’ont entouré et les réactions de l’opinion au Sénégal.
Il a rappelé que le Référentiel Sénégal 2050 demeure le cadre directeur des politiques publiques. Il a par ailleurs réitéré les cinq engagements qui fondent sa DPG: assainir les finances publiques, rétablir l’État de droit, fortifier la souveraineté sous toutes ses facettes, répondre aux difficultés des populations et assurer l’équité au niveau territorial et social.
La « méthode » comme nouvelle approche de gouvernance
Pour concrétiser ces engagements, il a exhorté le Gouvernement à faire de cette « méthode » un véritable paradigme managérial et directionnel. Il s’agit, selon lui, d’instaurer une culture axée sur les résultats, reposant sur un suivi rapproché des dossiers stratégiques et des projets moteurs.
Dans ce cadre, les ministres qui portent l’action devront accélérer l’installation des mécanismes de suivi. Ils auront à remettre au Premier ministre, au plus tard le 24 septembre 2026, les propositions d’arrêtés primatoraux instituant les groupes de projets.
Ainsi, chaque programme devra être rattaché à au moins l’un des engagements mentionnés.
Le suivi de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 entre dans une nouvelle étape. Le premier rendez-vous du Comité interministériel de suivi est programmé pour la première moitié d’octobre 2026, afin de préparer la prochaine session du Conseil présidentiel.
Comptes publics : trois échéances à observer
La réhabilitation des finances publiques demeure au cœur du plan du gouvernement. À ce titre, il a demandé au ministre de l’Économie, des Finances et du Plan de veiller avec rigueur au respect de plusieurs dates butoirs.
Première échéance: obtenir la mise en œuvre complète des mesures correctives liées au misreporting selon le calendrier convenu avec le FMI. Le gouvernement devra aussi présenter au Parlement le projet de loi de finances rectificatif pour 2026 au plus tard le 15 septembre 2026.
Autre échéance clé: le projet de loi de finances pour 2027 devra être soumis au Conseil des ministres d’ici le 30 septembre 2026.
Par ailleurs, il a demandé au ministre, Secrétaire général du Gouvernement, d’organiser dès la semaine prochaine une session du Comité ad hoc chargé de rationaliser les entités du secteur parapublic, afin de tracer la feuille de route régissant cette rationalisation.
SENUM-SA appelée à renforcer le suivi des préoccupations des populations
La volonté d’améliorer le contrôle de l’action publique s’appuie aussi sur le numérique. Il a demandé à Sénégal Numérique SA (SENUM-SA), placé sous la tutelle de la Primature, de déployer un système d’information, de veille et de traitement des préoccupations des populations.
Ce dispositif devra tirer ses données de l’administration centrale et des services déconcentrés, mais aussi des collectivités locales et des mécanismes de dialogue citoyen.
L’objectif est d’être doté d’un outil plus efficace pour saisir les préoccupations exprimées sur le terrain et de les intégrer dans l’action gouvernementale.
Patronat, syndicats, société civile et presse bientôt reçus
Il a aussi souligné la nécessité de préserver le rythme insufflé par la DPG en multipliant les échanges et les échanges publics réguliers avec les divers acteurs de la société.
À cet effet, il a annoncé des rencontres prochaines avec le secteur privé et les organisations syndicales pour assurer le suivi du « Pacte national de stabilité pour une croissance inclusive et durable ».
Des discussions sont aussi prévues avec les organisations de la société civile, les médias et le Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, échanges qui auront lieu après l’installation officielle de cet organe par le chef de l’État, à la fin du mois.
Au-delà des grandes orientations, ce Conseil des ministres du 10 septembre enclenche la phase opérationnelle de la DPG. Avec des échéances planifiées dès le mois de septembre et la première séance de suivi du Sénégal 2050 annoncée pour octobre, le Premier ministre souhaite désormais inscrire l’action gouvernementale dans une dynamique axée sur les résultats, le contrôle et la reddition de comptes.