Le think tank marocain Policy Center for the New South a procédé, ce mercredi, au dévoilement de son rapport annuel consacré à la géopolitique de l’Afrique. Rédigé par un collectif de 27 contributeurs issus de 16 nationalités africaines différentes, ce volume se veut une référence pour comprendre les dynamiques géopolitiques du continent.
RABAT- En amont de la Conférence annuelle africaine sur la paix et la sécurité (Apsaco), qui doit s’ouvrir demain, jeudi 11 juin, à Rabat, le Policy Center for the New South (Pcns) a présenté ce mardi son rapport annuel sur la géopolitique africaine. Pour la dixième édition, cet ouvrage, produit par le think tank, offre l’occasion d’exposer les grands axes du document par un chercheur du Pcns et responsable de la publication, qui en a détaillé les contours majeurs. Le volume rassemble 27 contributions issues de 16 nationalités africaines et illustre, selon ce responsable, la maturité d’un projet éditorial fondé sur l’idée que l’Afrique doit se penser elle-même, à partir d’outils analytiques forgés par ses propres acteurs confrontés au réel.
« L’Afrique de 2026 n’est plus celle de 2017 », affirme ce responsable, arguant que la décennie écoulée a vu s’accélérer des dynamiques que les premières éditions avaient à peine anticipées : recomposition des rapports de puissance au niveau mondial, multiplication des foyers de conflit internes, émergence des technologies dans les domaines de la guerre et de la gouvernance, et remise en cause des architectures de sécurité héritées de l’époque post-coloniale. Cette dixième édition du rapport sur la géopolitique de l’Afrique se structure autour de quatre volets.
Le premier volet s’intéresse aux rivalités de puissance et à leur influence sur les marges de manœuvre des États africains. Du nouvel intérêt pour l’Afrique australe à la redéfinition des liens entre l’Union européenne et l’Union africaine, jusqu’à la montée des acteurs non occidentaux, les auteurs examinent avec sérieux les conditions qui permettent aux États africains d’équilibrer souveraineté et survie face à des pressions croisées des grandes puissances. Le deuxième volet porte sur les guerres et les conflictualités à l’ère des technologies émergentes. Le Sahel, le Soudan, la région des Grands Lacs, le Bénin constituent des terrains où se déploient, dans leurs formes concrètes, les transformations doctrinales et opérationnelles induites par la « dronisation », les cybermenaces et la numérisation des confrontations.
Les contributions réunies dans cette partie ne se contentent pas de cartographier ces mutations. Le troisième volet porte sur les espaces stratégiques, mers, corridors et zones de projection. Tandis que la quatrième et dernière partie, transversale, interroge les paradigmes : comment penser la paix, la sécurité, le développement, la participation politique et la gouvernance depuis une perspective africaine autonome ? Selon le responsable de la publication, dix ans après la première édition, le Rapport annuel sur la Géopolitique de l’Afrique tient sa promesse foncière : être le lieu d’une pensée africaine libre, rigoureuse et engagée sur les grandes questions qui déterminent l’avenir stratégique du continent.