Le mécanisme de restitution des dépouilles des otages enlevés en Israël le 7 octobre 2023 a une fois de plus connu une péripétie ce samedi, avec la remise par le Hamas de trois corps qui ne sont pas ceux d’otages.
Selon des informations provenant des services de sécurité de Gaza, des tirs et des frappes aériennes menés par l’armée israélienne ont été entendus aux abords de Khan Younès, dans le sud de la région, samedi.
Au moment où, vendredi soir, trois corps non identifiés en provenance de Gaza ont été remis par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, une source militaire israélienne avait signalé ne pas penser que ces dépouilles appartenaient à des otages.
Un laboratoire médico-légal a confirmé que les restes n’était pas ceux d’otages, a indiqué samedi à l’AFP un porte-parole de l’armée israélienne.
Samedi, les Brigades Ézzedine al-Qassam, aile armée du mouvement Hamas, ont expliqué dans un communiqué avoir « proposé la remise à Israël de trois échantillons issus d’un certain nombre de restes non identifiés. Toutefois, l’adversaire a refusé ces échantillons et a exigé les corps pour les examiner. Nous les avons remis afin d’écarter toute revendication de l’ennemi ».
-Enième péripétie-
Cette nouvelle étape, la dernière d’une série d’imprévus depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre entre le Hamas et Israël — qui coexiste avec des frappes israéliennes — survient alors que les Israéliens affichent leur colère face aux retards répétés dans la restitution des dépouilles des otages.
Aucune réaction politique officielle des autorités palestiniennes n’a été publiée samedi, en plein shabbat, le repos hebdomadaire juif.
Ces derniers jours, le gouvernement israélien a plusieurs fois accusé le Hamas d’enfreindre ce qui avait été conclu comme un accord « de rêve ». Les familles des otages ont quant à elles demandé des mesures plus sévères afin d’obliger le groupe palestinien à respecter l’accord.
À titre de rappel, Israël a mené à deux reprises depuis le 10 octobre des bombardements d’envergure sur Gaza en représailles à des tirs ayant fait trois morts parmi ses soldats. Le 19 octobre, ces bombardements avaient provoqué au moins 45 décès et mardi dernier, 104 personnes, selon des sources palestiniennes.
Le mouvement islamiste a jusqu’à présent livré les dépouilles de 17 des 28 otages qu’il avait accepté de remettre dans le cadre d’un accord de trêve négocié par les États-Unis avec Israël.
Parmi ces 17 dépouilles figurent celles de 15 Israéliens, d’un Thaïlandais et d’un Népalais.
Conformément aux termes du cessez-le-feu négocié sous l’égide des États‑Unis, pour chaque citoyen israélien livré, Israël a restitué 15 corps de Palestiniens tombés au cours du conflit, ce qui fait un total de 225 dépouilles rendues jusqu’à présent.
-Analyse de la situation-
A Gaza, qui demeure régulièrement frappée par des attaques, la situation humanitaire et sécuritaire demeure préoccupante.
« La nuit dernière, j’ai entendu à plusieurs reprises des coups de feu des forces d’occupation. Nous ne disposons ni de nourriture ni d’eau potable, et nous n’avons pas de moyen pour nous laver. La situation est critique. La trêve a commencé, mais la guerre n’est pas terminée », témoigne à l’AFP Hisham al-Bardai, père de famille de 37 ans.
Pour Sumaya Daloul, 27 ans, qui vit avec ses parents, « la mort semble préférable à la vie. Nous manquons d’argent, d’emploi, de nourriture, d’eau, d’électricité et même d’accès à Internet », explique-t-elle.
La Jordanie et l’Allemagne estiment samedi qu’une force internationale destinée à appuyer une future police palestinienne à Gaza, dans le cadre du plan du président américain Donald Trump, devrait être mandatée par l’ONU.
Cette force dite de « stabilisation internationale » (ISF) aurait pour rôle de former et d’assister les policiers palestiniens choisis pour la bande de Gaza, avec le soutien de l’Égypte et de la Jordanie. Elle serait chargée de sécuriser les zones frontalières et d’empêcher le trafic d’armes vers le Hamas.
Une réunion des ministres des Affaires étrangères de pays musulmans, destinée à soutenir ce plan de paix, est programmée lundi à Istanbul, sous l’égide de la Turquie.
La catastrophe du 7 octobre a coûté la vie à 1 221 personnes côté israélien, la majorité étant des civils, selon un décompte établi par l’AFP à partir de chiffres officiels.
Du côté de Gaza, l’offensive a entraîné un bilan de 68 531 morts, majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé affilié au Hamas.
AFP