Il n’avait pas le droit de dire non, mais il ne pouvait pas non plus dire oui sans réserve. Le Hamas a donc choisi d’accepter la libération des otages israéliens tout en réclamant la possibilité d’aménager certains éléments du plan avancé par Donald Trump. « Le mouvement affirme son accord pour la libération de tous les otages — vivants et dépouilles — selon le mécanisme d’échange prévu dans la proposition du Président Trump », précise-t-il dans un communiqué, ajoutant son intention d’entamer des discussions immédiates afin d’aborder les « détails » relatifs à ces libérations.
En direct sur Al Jazeera ce vendredi soir, Moussa Abou Marzouk, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré avoir accepté la libération des otages israéliens afin d’apporter un terme à la guerre et à la souffrance infligée aux Palestiniens de Gaza. Le Hamas espère que, suite à cet acte, l’approvisionnement en nourriture, en médicaments et en produits de première nécessité sera immédiatement rétabli dans la bande de Gaza.
Surmené et craignant que la situation ne s’envenime encore à Gaza et que les Palestiniens ne soient poussés vers des pays tiers, le Hamas a choisi d’offrir des garanties, tout en indiquant vouloir négocier certains points. Parmi ceux-ci figure le volet politique. Moussa Abou Marzouk affirme vouloir remettre le pouvoir à un conseil composé de personnalités palestiniennes, et non à un organisme international tel que proposé par Donald Trump.
En revanche, sur la question de la démilitarisation de l’enclave palestinienne, le communiqué reste muet sur le démantèlement du Hamas ou sur l’exil de ses combattants vers des pays prêts à les accueillir — deux points centraux du plan trumpien. Sur Al Jazeera, Abou Marzouk a soutenu que la démilitarisation ne pourrait intervenir qu’après que l’occupation israélienne aura pris fin. Devenu affaibli et sous pression de ses alliés, dont le Qatar, pour adopter ce plan, le Hamas a donc décidé de libérer les otages israéliens sans obtenir, pour l’instant, aucune contrepartie certaine.
De son côté, Donald Trump a estimé que le Hamas « était prêt pour une paix durable » à la lumière du communiqué publié par le mouvement islamiste en réponse à son initiative de paix pour Gaza. « Israël doit arrêter immédiatement les bombardements à Gaza, afin que nous puissions faire sortir les otages rapidement et en sécurité », a ajouté le président américain sur son réseau Truth Social.
Plus tôt dans la journée d’hier, Donald Trump avait fixé une échéance à dimanche à 18 heures, heure de Washington (22 heures TU, 1 heure lundi à Gaza), pour l’acceptation de son plan sur Gaza. « Si cet accord de dernière chance n’est pas trouvé, l’enfer se déchaînera comme jamais contre le Hamas », avait-il écrit sur son réseau social.
Le plan de Donald Trump, dévoilé lundi lors d’une conférence de presse à Washington en présence du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, prévoit notamment un cessez-le-feu, un échange d’otages contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, un retrait israélien progressif de Gaza et la mise en place d’un gouvernement de transition dirigé par une entité internationale.