En marge de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre le Sénégal et le Maroc, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a procédé hier à l’ouverture officielle du Forum économique Sénégal-Maroc, une rencontre stratégique destinée à insuffler une nouvelle dynamique au partenariat économique bilatéral en plaçant le secteur privé au centre des initiatives.
Casablanca ouvre une nouvelle page. Après l’épisode diplomatique du lundi, la visite du chef du gouvernement au Royaume chérifien prend une tournure strictement économique avec le Forum économique Sénégal-Maroc. Dans son discours, il a salué la solidité des liens entre Dakar et Rabat, fondés sur une fraternité de longue date, des valeurs partagées et une coopération institutionnelle durable.
Il a aussi exprimé sa gratitude envers les autorités marocaines pour l’accueil réservé à la délégation sénégalaise et envers les organisateurs du forum, notamment l’Apix Sénégal et la CGEM, pour leur mobilisation. La veille, Rabat avait accueilli la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte, qui s’est soldée par la signature de 17 accords de coopération couvrant plusieurs secteurs stratégiques. Ce résultat a été qualifié d’exceptionnel par Ousmane Sonko, qui a souligné qu’aucune session de ce type n’avait enregistré un tel nombre d’accords depuis son arrivée au pouvoir.
À horizon, le cadre juridique de la coopération entre le Sénégal et le Maroc pourrait dépasser les 170 accords, certains nécessitant une mise à jour afin de s’adapter aux réalités économiques actuelles. Pour le Premier ministre, ces instruments juridiques doivent désormais se traduire par des actions concrètes. « Il appartient au secteur privé de s’en saisir pleinement », a-t-il insisté, faisant du forum économique un espace privilégié de rencontres, de partenariats et d’occasions d’investissement.
S’appuyant sur la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a rappelé la volonté des deux États d’accompagner activement les initiatives des opérateurs économiques. L’objectif annoncé va bien au-delà du simple renforcement des échanges commerciaux : il s’agit de bâtir des partenariats structurants, orientés vers la coproduction, la transformation locale et l’intégration des chaînes de valeur. Malgré les progrès réalisés, le Premier ministre a reconnu que le niveau actuel des échanges reste en deçà du potentiel des deux économies. En 2024, le volume global des échanges s’élevait à 285 millions de dollars, et il a atteint 307 millions de dollars au cours des onze premiers mois de 2025.
Des chiffres encourageants, mais insuffisants face aux ambitions communes. Dans ce contexte, Ousmane Sonko a plaidé pour une relation économique plus mature, équilibrée et productive. « Nous ne voulons pas seulement acheter et vendre. Nous voulons produire ensemble, investir ensemble et créer de la valeur pour nos peuples », a-t-il affirmé, évoquant notamment la mise en place d’un comité commercial mixte et un meilleur partage de l’information économique. Le chef du gouvernement a aussi invité les investisseurs marocains à renforcer leur présence au Sénégal.
Tout en reconnaissant les ajustements liés à la nouvelle phase politique que traverse son pays, il a assuré de la clarté de la vision économique sénégalaise, fondée sur la souveraineté, la transformation locale et le partenariat gagnant-gagnant. Par ce forum, Dakar et Rabat entendent franchir une étape supplémentaire dans leur coopération économique, avec l’ambition affichée de forger un partenariat plus solide, plus équilibré et résolument tourné vers l’avenir.