Le chef d’État sierra-léonais, Julius Maada Bio, a articulé son allocution lors du Forum de Dakar autour de trois axes fondamentaux, mettant l’accent sur l’urgence d’achever les chantiers politiques et socioéconomiques du continent africain.
D’emblée, il a posé un regard sans détour : plus de soixante ans après les indépendances, l’Afrique demeure confrontée à des défis tenaces. Il a décrit une trajectoire contrastée, marquée à la fois par des avancées démocratiques et des ruptures institutionnelles, ainsi que par une jeunesse dynamique mais parfois entraînée dans des cycles de violence faute d’opportunités.
Le président a ensuite défendu l’idée selon laquelle la bonne gouvernance se présente comme une véritable stratégie de sécurité. Pour lui, l’extrémisme violent observé dans la région sahélienne ne relève pas d’une fatalité, mais résulte de longues années d’exclusion sociale, économique et politique. Il a plaidé en faveur de réponses préventives fondées sur des institutions crédibles, l’autonomisation des jeunes et des femmes, ainsi que le renforcement des collectivités locales.
Enfin, le dirigeant sierra-léonais a affirmé que l’Afrique aspire à des partenariats équilibrés. « Le continent veut des partenaires, pas des tuteurs », a-t-il déclaré, soulignant que les solutions aux défis africains doivent être conçues et portées par les Africains eux-mêmes.