Le chef de l’État a, ce lundi, ouvert le bal pour la 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, en s’exprimant au Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD) et en articulant son allocution autour des principaux défis qui agitent le continent et des réponses à mobiliser.
Dans un contexte planétaire traversé par une pluralité de crises et une instabilité qui perdure, le président a brossé un diagnostic alarmant des dangers qui menacent l’Afrique. Le terrorisme, la criminalité transfrontalière, les menaces cybernétiques, les effets du réchauffement climatique et les tensions géopolitiques constituent, selon lui, un cadre opérationnel complexe qui réclame des réponses ciblées et adaptées.
« L’époque que nous vivons est marquée par une instabilité profonde », a-t-il souligné, insistant sur le fait que ces crises fragilisent les équilibres internationaux et mettent le continent sous une pression accrue. Face à ce constat, il a insisté sur l’impératif pour l’Afrique de renforcer sa souveraineté. « Il ne faut plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs », a-t-il affirmé, appelant à une appropriation des politiques de défense et de sécurité par les États africains eux-mêmes.
Le chef de l’État sénégalais a également mis en avant la nécessité de consolider les mécanismes de prévention des conflits et d’alerte précoce, tout en accélérant l’opérationnalisation des forces africaines en attente. Il a en outre plaidé pour un renforcement de la coopération régionale afin de contenir l’expansion du terrorisme, notamment vers les zones côtières.
Autre axe majeur de son intervention : la valorisation du potentiel humain et économique du continent. Insistant sur le rôle central de la jeunesse, il a appelé à des investissements accrus dans l’éducation, la formation et le numérique. « Investir dans la jeunesse, c’est lutter efficacement contre la radicalisation », a-t-il soutenu.
« Notre continent doit assumer clairement sa souveraineté. Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs, que nos priorités soient dictées par des intérêts étrangers, que notre espace stratégique soit occupé sans consentement. »
Le Président… pic.twitter.com/ZZAbkyussW
— Vie Publique SN (@ViePubliqueSN) April 20, 2026
Sur le plan économique, le chef de l’État a exhorté à une meilleure gouvernance des ressources naturelles, en privilégiant leur transformation locale. « La prospérité ne naît pas de l’abondance des ressources, mais de notre capacité à les gouverner », a-t-il déclaré.
Le Président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé le rôle central de l’intégration africaine comme levier de stabilité et de développement, appelant à une mise en œuvre effective des mécanismes existants, notamment la Zone de libre-échange continentale.
Convaincu du potentiel du continent, il a invité les participants à formuler des propositions concrètes à l’issue des travaux. « Nous pouvons jouer les premiers rôles et faire entendre la voix de l’Afrique », a-t-il conclu, déclarant ouverte cette 10e édition du Forum de Dakar.