La Fondation Léopold Sédar Senghor a célébré, ce vendredi à Dakar, le 120e anniversaire de la naissance de son parrain et les 25 ans de sa disparition, autour du thème « Enracinement et ouverture, héritages, actualités et horizons ». Une rencontre dédiée à l’actualité de sa pensée et à la transmission de son œuvre.
Selon l’APS, la commémoration s’est tenue, vendredi 9 octobre, au siège de la Fondation à Dakar, à l’occasion du 120e anniversaire de la naissance et des 25 ans de la disparition de l’ancien président de la République du Sénégal. Cette rencontre a réuni des autorités administratives et politiques, des diplomates, des écrivains, des acteurs du livre, des membres de la société civile ainsi que des proches de l’ancien chef de l’État.
Placée sous le thème « Senghor 120/25 : Enracinement et ouverture – Héritages, actualités et horizons », la cérémonie a offert un cadre propice à des échanges sur la portée de l’œuvre politique, littéraire et intellectuelle de Léopold Sédar Senghor, né le 9 octobre 1906 à Joal et président du Sénégal de 1960 à 1980.
À l’ouverture de la rencontre, le secrétaire général de la Fondation, le professeur Amadou Ly, a expliqué que le thème retenu vise à articuler la mémoire du passé, les enjeux du présent et les perspectives pour l’avenir. « L’enracinement, c’est le passé, l’ouverture, c’est le présent et l’horizon, c’est le futur », a‑t‑il déclaré.
Il a également rappelé le rôle de la Fondation, créée en 1974, dans la promotion de la recherche et de la production intellectuelle. À ce titre, il a mis en avant la revue Éthiopiques, consacrée à la littérature et aux sciences humaines, publiée deux fois par an et reconnue dans le milieu universitaire. Selon lui, cette publication figure parmi celles auxquelles le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) accorde sa confiance pour la diffusion de travaux scientifiques.
Évoquant les différentes facettes de son parrain, le professeur Amadou Ly a souligné ses contributions à la vie politique, à la réflexion économique et à la littérature, notamment à travers ses recueils de poésie et ses écrits critiques réunis dans la série Liberté.
Intervenant comme discutante, la professeure André-Marie Diagne Bonané, enseignante à la retraite, a, pour sa part, insisté sur les liens entre l’œuvre senghorienne, l’éducation et la transmission culturelle.
Elle a notamment cité La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre, ouvrage écrit par Léopold Sédar Senghor et Abdoulaye Sadji, qui fait découvrir aux enfants les contes africains, leurs valeurs et les modes d’organisation des sociétés du continent. « C’est un livre que je recommande à tous les étudiants qui veulent s’enraciner dans notre culture », a-t-elle indiqué.
La professeure a également rappelé la place de la négritude dans la défense de l’égalité entre les peuples et la valorisation des cultures noires. Elle a souligné la contribution de Senghor au rayonnement international du Sénégal et à la création de la Francophonie, envisagée comme un espace de dialogue entre les peuples et de promotion de la culture.
Au‑delà de la commémoration, André‑Marie Diagne Bonané a appelé à renforcer la préservation et la transmission de cet héritage aux jeunes générations. Elle a notamment insisté sur la nécessité de faire connaître davantage le parcours et les combats des pionniers qui ont contribué à la défense et à la valorisation des peuples noirs.
À travers cette double commémoration, la Fondation entend ainsi remettre au cœur du débat la place de la pensée senghorienne dans les réflexions contemporaines sur la culture, l’éducation et l’ouverture au monde.