Les festivités de la toute première édition du festival « Séélek » à Bouyouye se sont refermées, dans la commune de Diémbéring. Sur une période de trois jours, du 26 au 28 décembre, ce hameau du Kassa a été mêlé au tempo vibratoire de la culture awaat, l’identité du peuple qui y réside.
Bouyouye figure parmi les rares villages du département d’Oussouye à avoir gardé intacts ses rites et coutumes. Cette attache poussée aux pratiques du peuple awaat demeure un socle pour ses habitants, qui résistent à l’influence des religions révélées et à l’emprise de la modernité. Cette fidélité à ces valeurs culturelles ancestrales a motivé la mise sur pied de la première édition du Festival « Séélek », nom local du village. « Nous cherchons, à travers ce rendez-vous, à révéler au monde la richesse de notre patrimoine et à insuffler à la jeune génération le sentiment d’appartenir à ce peuple qui se veut fidèle à ses traditions », expliquait alors Jacques Ekombaye Diatta, qui pilote le comité organisateur.
La ferveur observée au cours de ces trois jours a, selon lui, largement dépassé les prévisions. Des milliers d’individus, venus d’horizons variés, ont convergé vers ce modeste bourg recouvrant près de 400 habitants, drapé dans la canopée d’une forêt dominée par des fromagers et d’autres arbres tropicaux. « Nous avons saisi cette opportunité pour mettre en lumière l’épaisseur de notre culture awaat, à travers des panels et des démonstrations de danses traditionnelles telles que l’ekonkone, le hougueur et l’ehounia », a précisé le coordonnateur.
Également, poursuit ce collaborateur de l’armée sénégalaise, les multiples aspects culinaires de Bouyouye, dont plusieurs recettes sont entièrement biologiques, ont été présentés aux participants. « Pour marquer notre ouverture, nous avons invité des artistes extérieurs pour animer les soirées culturelles », a-t-il conclu, qualifiant le bilan d’ensemble de très satisfaisant. Il affirme que ce festival a renforcé l’attrait touristique de Bouyouye sur la scène de la commune de Diémbéring.
Autrefois replié sur lui-même pour préserver son essence contre les influences extérieures, Bouyouye aspire aujourd’hui à s’ouvrir sans renier ce qui le définit. Les habitants entendent pérenniser ce rendez-vous, désormais présenté comme un patrimoine partagé. « Nous cherchons à opérer un tournant: transformer ce profond enracinement culturel, qui attire la curiosité, en un levier économique », a affirmé le coordonnateur.
Selon lui, ce festival porte avant tout un sens social. Les recettes engendrées seront allouées à l’amélioration de la case de santé et à la cantine scolaire du village. « À long terme, nous prévoyons d’employer ces ressources pour financer des projets d’envergure qui permettront d’améliorer les conditions de vie sur notre territoire », a-t-il conclu.