Femme : Ces habitudes dangereuses pour votre  »awra »

Vous voulez continuer d’avoir du plaisir pendant l’amour ? Évitez les infections, mycoses et autres désagréments ? Alors prenez soin de votre vagin en cessant immédiatement ces mauvaises habitudes qui l’abîment et le mettent en danger. Explications du Dr Sébastien Garnero, sexologue.

Le vagin, qu’est-ce que c’est ?

Le vagin est l’organe féminin de la copulation. Il reçoit le pénis et le sperme lors des relations sexuelles. Organe fortement érogène, il est également responsable, avec le clitoris, des sensations éprouvées au cours des rapports.
À l’inverse, le col de l’utérus, très pauvre en terminaisons nerveuses, n’est pas impliqué dans ce ressenti. Le vagin joue aussi un rôle important dans la reproduction, puisqu’il doit permettre le passage du nouveau-né. Les parois minces du vagin présentent de nombreux replis et permettent ainsi l’expansion nécessaire lors de l’accouchement, de l’accouplement ou de la mise d’un tampon. Le vagin est donc un organe adaptable.

Le vagin est également recouvert d’une muqueuse sans cesse lubrifiée par les œstrogènes (hormones sécrétées par les ovaires).
Cette muqueuse est composée de différentes couches cellulaires : les cellules basales (les plus profondes), les cellules intermédiaires et les cellules superficielles.
Elle permet un auto-nettoyage du vagin et sa quantité peut varier selon la période du cycle de la femme. On parle aussi de pertes vaginales. Elles commencent à la puberté et sont généralement de couleur blanche ou jaune. Elles annoncent l’arrivée des règles et, au cours de cette période, le vagin devient également plus long.

Quelle est la profondeur du vagin ?

Le vagin s’ouvre au niveau de la vulve. C’est par cet orifice qu’entre le pénis lors des rapports sexuels. Le vagin est d’une longueur moyenne de près de 8 cm entre l’orifice d’entrée et le fond du vagin. Plus étroit vers la vulve, le vagin s’élargit en se rapprochant du fond. Cet organe communique avec l’utérus par le col de l’utérus. Ce dernier ressemble à un petit dôme bombé du côté de la cavité vaginale.
Ce passage sera emprunté par les spermatozoïdes et dans le sens inverse, le flux des règles ou le nouveau-né après les contractions de l’accouchement.

À quoi ressemble l’intérieur du vagin ?

L’intérieur du vagin est tapissé d’une muqueuse qui comporte de nombreux plis. Riche en vaisseaux sanguins, artères et veines, le vagin comprend cependant peu de terminaisons nerveuses et est donc peu sensible, hormis près de la vulve.

Flore vaginale : définition

À l’intérieur du vagin, les parois sont recouvertes d’un liquide dont la composition peut changer au cours du cycle menstruel de la femme. Dans ce liquide, on trouve des bactéries (lactobacilles) qui ont un rôle protecteur. Cette population bactérienne est appelée flore. Elle permet de garder un pH acide à l’intérieur du vagin. Cette caractéristique empêche le développement de maladies comme les mycoses.

Faut-il nettoyer son vagin ?

Oui, mais à condition de ne pas le faire trop régulièrement. Des toilettes intimes trop fréquentes peuvent perturber votre flore vaginale.
La fréquence idéale pour un nettoyage de la vulve est deux à trois fois par semaine. Le seul produit non agressif pour les muqueuses et la flore vaginale est le savon à pH neutre, à condition de ne l’utiliser que sur la zone externe.
On prend donc soin d’éviter l’infiltration de l’eau de la douche dans le vagin.

1 – Garder son tampon pendant des heures !

En période de règles, les tampons et serviettes hygiéniques sont de rigueur. Mais attention ! Par manque de vigilance, ils peuvent faire plus de mal que de bien ! Leurs règles d’utilisation sont très strictes.
Les tampons : « Le plus important c’est de les changer régulièrement et surtout de ne pas les oublier. J’ai déjà eu des cas où l’on venait me consulter pour un problème gynécologique dont la cause était un tampon oublié depuis 3 semaines », raconte Michèle Scheffler, gynécologue. Les garder trop longtemps c’est prendre le risque de faire proliférer les bactéries qui peuvent empoisonner le sang. C’est ce qu’on appelle un choc toxique.

– La bonne fréquence ?

Il faut changer de tampon toutes les 3 à 4 heures au début des règles, puis toutes les 6 heures, explique Sébastien Garnero.

– Et que penser des protèges-slips ?

D’après Michèle Scheffler « ils peuvent être source d’allergies vulvaires. Dans la minute qui suit, la patiente ressent comme des petites aiguilles sur la peau. »
Si vous présentez ces signes, essayez de changer de marque.

2 – Faire l’amour « à sec »

 »Les rapports sexuels peuvent être traumatiques pour l’intimité de la femme », explique Michèle Scheffler, gynécologue. Dans quel cas ? Lorsqu’une femme n’a pas été active sexuellement depuis longtemps, l’intérieur de son vagin peut se sentir agressé ce qui créé un déséquilibre hormonal. Pour éviter ce genre de désagréments, il faut bien préparer son corps et hydrater les tissus.

En pratique : Appliquer quotidiennement une crème hydratante prévue à cet effet (ex : crème Saugella ou Saforelle).

« Après une abstinence importante, il peut s’avérer utile de faire de la rééducation, en particulier lorsque des douleurs durant le rapport apparaissent (dyspareunies) », ajoute le Dr Garnero.
Si besoin, vous pouvez utiliser du gel lubrifiant ou des dilatateurs progressifs (comme le Kit Velvi Complet par exemple) en amont.

Bien entendu, prendre le temps pour les préliminaires et développer une excitation sexuelle progressive et un plaisir naturel sera privilégiée dans la relation de couple, ajoute Sébastien Garnero.

3 – Opter pour la douche vaginale après le rapport

Être propre c’est bien, mais l’être trop c’est mauvais.
Après un rapport sexuel, beaucoup de femmes ressentent le besoin de se nettoyer en profondeur avec la douche et du savon (il fut un temps où elles avaient même recours à une poire de lavement !).

Mais comme nous l’explique Michèle Scheffler, gynécologue « ces pratiques ne sont pas conseillées, l’écosystème vaginal se suffit à lui-même ».
La flore vaginale est constituée de bonnes bactéries qui la défendent contre les agressions. Utiliser trop d’eau et de savon c’est prendre le risque de détruire ces bactéries qui ne seront jamais remplacées. Ce qui laisse le champ libre aux mauvais microbes.
Un propos que confirme le Dr Garnero : « Trop d’hygiène tue la flore vaginale et va à l’encontre du renouvellement naturel ».

4 – Manger trop sucré

Prendre soin de son intimité ça passe aussi par l’alimentation. « Si on ne fait pas attention à ce qu’on mange cela peut modifier le pH vaginal », met en garde Michèle Scheffler, gynécologue.
Le pH vaginal permet de contrôler l’acidité du vagin. Trop élevé, il peut entraîner un déséquilibre bactériologique. « Des germes peuvent se former, les champignons par exemple adorent le pH acide » indique notre interlocutrice.

Un pH acide peut également entraîner des odeurs désagréables, des démangeaisons, des irritations, voire même des sensations de brûlure. Parfois, il arrive que la femme ressente des douleurs inhabituelles lors des rapports sexuels ou se plaindre de pertes vaginales abondantes.

Bon à savoir : pour restaurer rapidement et durablement une flore vaginale saine et équilibrée, il est conseillé d’utiliser des probiotiques vaginaux. En effet, en plus de soulager rapidement l’inconfort lié à ce déséquilibre, ces probiotiques apportent la quantité physiologique de lactobacilles nécessaires.

Et en pratique ?

De façon générale, il faut éviter les aliments trop sucrés et transformés, et opter pour une alimentation saine, détaille le Dr Garnero.

5 – Utiliser n’importe quel savon

Qui dit zone sensible dit soin approprié. En effet, la partie intime du corps féminin est constituée de tout un écosystème, dont il faut absolument maintenir l’équilibre.
C’est pourquoi le choix du gel douche est très important pour l’intimité. « Certains sont agressifs et augmentent l’acidité vaginale propice au développement d’infection », explique Michèle Scheffler, gynécologue.

C’est d’autant plus important après la ménopause où le pH vaginal est naturellement plus acide à cause du manque d’hormones.

En pratique : il convient de choisir un gel douche avec un pH neutre et sans savon. Certaines marques sont spécialisées pour les parties intimes. Pas besoin de frotter ni de faire pénétrer, il faut l’appliquer doucement et rincer.

À noter : certains traitements médicamenteux, l’état psychique du moment ou encore la pollution peuvent également interférer dans le bon équilibre de la flore vaginale.

6 – Porter des vêtements serrés

Jeans, collants, sous-vêtements… Les habits trop serrés agressent le vagin.
Leur frottement avec la peau cause des petits traumatismes au niveau des tissus cutanés de la vulve et favorisent la venue d’infections, comme l’apparition de mycoses vulvaires, vaginales ou de vulvodynies. Celles-ci se caractérisent par d’intenses brûlures et des tiraillements au niveau de la vulve.

Des infections qui n’étonnent en rien Michèle Sheffler : « Certaines bactéries comme les champignons adorent prolifèrer sur les peaux lésées et humides, ce sont leurs terrains favoris ».
Les vêtements trop serrés doivent être évités, notamment en saison chaude, et il faut les changer au quotidien. Privilégiez également des sous-vêtements en coton !, conseille Sébastien Garnero.

Bon à savoir : les collants, qui sont tissés en mailles assez fines, laissent respirer la peau et n’ont pas d’impact négatif sur le risque infectieux.

7 – Mettre des préservatifs au latex alors qu’on est allergique !

On ne le dira jamais assez ! Pendant un rapport sexuel, il faut utiliser un préservatif puisqu’il protège des maladies sexuellement transmissibles. Cependant, certaines personnes sont allergiques au latex, l’un des principaux composants des préservatifs. Au contact de l’allergène, elles peuvent ressentir des brûlures, et présenter des rougeurs.
En pratique : En cas d’allergie au latex « il faut choisir des préservatifs hypo-allergéniques sans latex et de préférence avec réservoir » explique Michèle Scheffler, gynécologue.

À savoir : beaucoup d’hommes ne savent pas qu’une fois posé, il faut tirer sur le réservoir pour chasser la bulle d’air et éviter que le préservatif n’éclate au moment de l’éjaculation. La protection n’en sera que meilleure.

8 – Ne pas prendre soin de soi après l’accouchement

L’accouchement est une épreuve pour le vagin. Il est alors important de réparer les tissus cutanés lésés pour éviter les gènes et douleurs lors des prochains rapports sexuels.
En pratique : « Masser les zones cicatricielles avec des crèmes cicatrisantes dédiées » explique Michèle Scheffler, gynécologue. Demandez conseil à votre gynécologue ou à la sage-femme.

Par ailleurs, d’autres gestes vous permettront de vous remettre plus facilement de votre accouchement.
Vous devez aussi faire une rééducation du périnée, réaliser un suivi kiné post-accouchement, gynécologique également, mais aussi reprendre dès que possible une routine sexuelle pour l’harmonie du couple, recommande le Dr Garnero.

Bon à savoir : la plupart des femmes perdent beaucoup de sang après l’accouchement. Ce phénomène dure en moyenne deux semaines. Cela n’a rien d’inquiétant, sauf si les écoulements ont une odeur désagréable, ce qui pourrait être le symptôme d’une infection. Il vaut mieux pendant cette période ne pas utiliser des tampons afin d’éviter le syndrome du choc toxique.

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