Le volume nouvellement publié « Poïétiques » (Hématomes Editions, Centre des arts-Ecole internationale de Genève) de l’artiste visuel Momar Seck a été le cœur d’une causerie, ce samedi 28 février, à la Librairie Aux 4 Vents. La soirée s’est conclue par le vernissage de l’exposition baptisée « L’Envol ».
Un échange fécond entre art, pensée et création contemporaine. La Librairie « Aux 4 Vents » (Mermoz) ouvre ses portes ce samedi 28 février pour accueillir une causerie autour du nouvel opus de l’artiste visuel sénégalo-suisse Momar Seck. La rencontre se terminera par le vernissage de l’exposition intitulée « L’Envol ».
Peintures et sculptures se réunissent autour d’un double symbole : l’oiseau et la bouteille messagère. « Par ce dialogue entre deux formes simples et universelles, l’artiste propose une méditation poétique et existentielle sur le départ, la transmission et la confiance dans l’inconnu », analyse le commissaire d’exposition Babacar Mbaye Diop. Dans « L’Envol », l’oiseau apparaît comme une figure de passage, d’élévation et de liberté. « Il incarne ce moment fragile où l’être consent à quitter ses repères pour s’ouvrir à l’inattendu. Suspendu entre ciel et terre, il devient une image de la pensée en mouvement, du désir d’ailleurs et de la transformation intérieure », évoque B. M. Diop dans son propos curatorial. Face à lui, détaille le commissaire d’exposition, la bouteille messagère évoque un geste ancestral : celui de confier une parole à l’immensité, dans l’espoir incertain qu’elle atteigne un destinataire. Les sculptures métalliques de l’artiste, solides et durables, portent pourtant la fragilité de l’intention qu’elles contiennent. « Elles rappellent que toute transmission est un acte de foi : un message lancé dans le temps et l’espace, au-delà de toute garantie de réception », relève Babacar Mbaye Diop. En associant ces deux motifs, Momar Seck interroge notre rapport intime à l’envoi et à l’adresse. « Que devient ce que nous laissons partir de nous-mêmes ? À qui s’adresse le geste créateur ? », questionne le curateur. Les oiseaux perchés sur les branches, figures de médiation, relient le poids de la matière à la légèreté du sens. Ils deviennent les passeurs entre l’objet et l’idée, entre le visible et l’invisible.
Bouteille messagère
Présentée à la Librairie « Aux 4 Vents », cette exposition prend une allure singulière. « La librairie est elle-même un lieu de circulation des idées, des récits et des imaginaires. Chaque livre y est une bouteille messagère déposée sur une étagère, en attente d’un lecteur qui la découvrira », évoque Diop. Chaque lecteur, note le critique d’art, en tournant les pages, accomplit à son tour un envol intérieur, quittant pour un temps le monde immédiat pour rejoindre celui des mots, des images et des pensées.
« Aux 4 Vents », l’artiste Momar Seck y présente son nouveau livre : « Poïétiques » (Hématomes Editions, Centre des arts-Ecole internationale de Genève). Dans cette monographie, Seck nous raconte. Il se raconte. Momar Seck, par la peinture, le collage, le dessin, la sculpture et l’ensemble des savoir-faire qu’il convoque pour métaboliser, cultive tout à la fois : la singularité et l’universalité. Sur ce registre, l’artiste sénégalo-suisse combine les lointaines traditions aux préoccupations les plus contemporaines. Dans « Poïétiques », M. Seck déroule une réflexion, de fil en aiguille, nous prend par la main, nous explique ses techniques et ses tours, les usages qu’il fait des matériaux et leurs significations, leur potentiel allégorique, métaphorique, métaphysique, la relation qu’ils ont avec la société, l’époque. Dans cette dynamique, l’artiste sénégalo-suisse combine les lointaines traditions aux préoccupations les plus contemporaines.