États-Unis annoncent leur départ de l’Unesco, Audrey Azoulay exprime un profond regret

29 juillet 2025

Les États-Unis annoncent leur retrait de l’Unesco

Le mardi 22 juillet, les États-Unis ont officiellement annoncé leur décision de se retirer de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Ce n’est pas une première : Washington avait déjà quitté l’organisation à la fin de l’année 2018 sous l’impulsion de l’ancien président Donald Trump, avant de faire son retour en juin 2023 sous la présidence de Joe Biden. Cependant, cette nouvelle sortie marque une étape décisive dans la politique étrangère américaine à l’égard de l’Unesco.

Selon une déclaration publiée par le département d’État, la porte-parole Tammy Bruce a expliqué que « la poursuite de la participation des États-Unis à l’Unesco n’est pas dans leur intérêt national ». Elle a critiqué l’agence pour ce qu’elle considère comme des biais notamment contre Israël, et pour la promotion de causes qu’elle qualifie de « clivantes ». La représentante a affirmé que l’Unesco s’engageais à défendre des enjeux sociaux et culturels qui créent des divisions, tout en étant affiliée à une orientation « idéologique et mondialiste » qui va à l’encontre des principes de la politique étrangère américaine, notamment celle prônée par le slogan « America First » (« l’Amérique d’abord »). Elle a également souligné que l’organisation avait pris la décision d’admettre l’« État de Palestine » comme membre, ce qu’elle a qualifié de « hautement problématique », en précisant que cette décision ne correspondait pas à la position officielle des États-Unis. Tammy Bruce a aussi indiqué que cette décision avait contribué à une augmentation des discours hostiles à Israël au sein de l’Unesco. Le retrait proprement dit sera effectif à compter du 31 décembre 2026, a-t-elle précisé.

Réactions à l’annonce du retrait américain

De son côté, Audrey Azoulay, la Directrice générale de l’Unesco, a exprimé ce qu’elle a appelé un « profond regret » face à la décision du président américain Donald Trump de se retirer à nouveau de l’organisation. Elle a souligné dans un communiqué, mardi, que si cette décision était regrettable, elle n’était pas une surprise, et que l’Unesco s’était déjà préparée à accueillir cette nouvelle. La responsable a toutefois insisté sur le fait que l’organisation continuerait à remplir ses missions indépendamment de cette décision.

Le contexte du retrait américain de plusieurs instances de l’ONU

Ce retrait s’inscrit dans une politique menée par Donald Trump peu après son retour à la Maison blanche. En février, celui-ci avait signé un décret officiel pour marquer la fin de l’engagement des États-Unis dans plusieurs organismes de l’ONU, dans le but, selon ses proches, de réévaluer leur implication dans ces structures en raison de ce qu’ils considéraient comme un biais anti-américain, notamment dans le cas de l’Unesco. L’administration américaine avait lancé une revue de la participation américaine dans l’organisation, pilotée par le secrétaire d’État de l’époque, Marco Rubio, en coordination avec l’ambassadrice par intérim des États-Unis auprès des Nations unies, Dorothy Shea.

Selon ce décret, l’évaluation portait sur la manière dont l’Unesco soutenait les intérêts des États-Unis, pour vérifier si elle le faisait réellement, tout en analysant l’existence d’un potentiel antisémitisme ou sentiment anti-israélien au sein de l’organisation. Donald Trump avait déjà retiré les États-Unis de l’Unesco en 2017 lors de son premier mandat, en raison notamment de supposés gaspillages financiers et de biais anti-israélien. La réintégration américaine, intervenant en 2023, avait marqué une volonté de reprendre une position plus engagée au sein de l’organisation, mais manifestement, cette nouvelle étape semble indiquer une différence de vision sur la gestion de l’organisation et ses orientations.

La réaction d’Israël face à la décision américaine

Du côté d’Israël, la nouvelle a été accueilli favorablement. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a exprimé sa reconnaissance envers la décision des États-Unis de quitter l’Unesco, en la qualifiant de soutien moral pour la cause israélienne. Il a déclaré sur le réseau social X (anciennement Twitter) que cette démarche était « nécessaire » pour promouvoir la justice et faire respecter le droit d’Israël à une représentation équitable dans le système des Nations unies, une cause qu’il a dénoncée comme souvent bafouée à cause de la politisation accrue de l’organisation.

Par ailleurs, Emmanuel Macron, président de la République française, a réaffirmé le soutien de la France à l’Unesco. Via son compte sur X, il a déclaré : « Soutien indéfectible à l’Unesco, protectrice universelle de la science, de l’océan, de l’éducation, de la culture et du patrimoine mondial. » Il a ajouté que le retrait des États-Unis n’entamerait en rien l’engagement français aux côtés de ceux qui œuvrent pour ces valeurs. La France continue donc de soutenir activement cette organisation, malgré ces changements de position de certains partenaires historiques.