Le Sénégal poursuit le renforcement de sa souveraineté spatiale en procédant au lancement d’un second satellite, GaindeSat-1b, prévu pour 2026. Cette information a été communiquée jeudi dernier par le professeur Gayane Faye, coordonnateur du projet Sensat, lors de la rentrée académique 2025-2026 du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds).
La politique spatiale du Sénégal pourrait ainsi accueillir une nouvelle étoile dans son dispositif orbital. Le jeudi 15 janvier 2026, à l’occasion de la rentrée académique du Cheds, Gayane Faye a annoncé que GaindeSat-1B serait mis en orbite en 2026, lors d’une conférence consacrée aux enjeux et perspectives de la politique spatiale du pays. Selon le directeur du laboratoire de télédétection appliquée (Lta) de l’Ucad, ce nouvel outil viendra compléter celui déjà opérationnel et renforcera l’indépendance nationale dans le domaine spatial et la sécurité nationale grâce à l’accès à des données et à l’imagerie spatiale.
« Dans un contexte international extrêmement compétitif, il faut s’équiper d’outils propres capables de produire des données spatiales », a insisté l’enseignant-chercheur. Le satellite GaindeSat-1b, assure-t-il, viendra s’ajouter à GaindeSat-1a, lancé en août 2024, pour accroître la souveraineté informationnelle du pays et soutenir la sécurité nationale par le biais de l’observation et de la collecte de données sensibles. « Il est impossible d’envisager une souveraineté territoriale sans souveraineté informationnelle. La défense ne peut être envisagée sans le spatial et l’accès à des technologies de surveillance des villes et des frontières », a-t-il affirmé.
Selon M. Faye, le spatial est aussi devenu une question d’essor économique pour les nations du monde entier. Il souligne que de nombreux métiers et activités dérivés de l’espace sont aujourd’hui essentiels au fonctionnement de l’économie moderne. « Aujourd’hui, des domaines comme les télécommunications par satellite, l’observation de la Terre et la géolocalisation jouent un rôle crucial pour la vie économique réelle », a-t-il précisé.
Plusieurs études estiment qu’un investissement d’un milliard de FCfa dans le spatial peut générer environ 70 milliards de FCfa pour l’économie réelle, faisant du spatial un grand créateur d’emplois et d’écosystèmes économiques, a-t-il ajouté. Il a également rappelé que les défis liés à la souveraineté économique peuvent être relevés grâce aux données satellites. « Les piliers de notre économie reposent sur la pêche, les mines, l’agriculture et l’élevage. Avec des technologies comme le GPS, il devient possible de suivre le bétail à distance. Les satellites permettent aussi de surveiller nos côtes et nos zones minières pour assurer leur pérennité », a-t-il expliqué. « Les données issues des satellites peuvent aussi servir à lutter contre la pêche et l’exploitation minière illégales et aider à mieux étudier les catastrophes naturelles comme les inondations, la dégradation des sols et l’érosion côtière », a conclu l’intervenant.
Le premier satellite sénégalais, GaindeSat-1a, a été lancé avec succès en août 2024 depuis la base américaine de Vandenberg. De type CubeSat 1U, il est dédié à la collecte de données environnementales et à l’imagerie, des domaines jugés stratégiques pour la gestion des ressources naturelles, la surveillance du territoire et l’observation climatique.