Jusqu’au lundi 5 octobre 2026, le district sanitaire de Touba enregistrait 29 cas de diphtérie, selon le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. À l’hôpital Matlaboul Fawzeyni, lieu où le premier cas dans la région de Diourbel a été identifié, les soignants demeurent mobilisés pour maîtriser la maladie.
TOUBA – Mardi 6 octobre 2026. Dans les couloirs du Centre hospitalier national (CHN) Matlaboul Fawzeyni de Touba, la fréquentation reste palpable. Au service de pédiatrie, l’afflux est particulièrement soutenu. Portés par leurs mères ou assis à même le sol, les enfants sont appelés à tour de rôle pour des consultations et divers bilans.
Dans ce service, trois cas confirmés de diphtérie ont été recensés, selon le docteur Pape Amar Kane, pédiatre. Le premier cas positif de la région de Diourbel avait d’ailleurs été détecté le 30 août 2026 au sein de cet établissement hospitalier. D’après le spécialiste, les patients déclarés positifs sont des enfants âgés de 6 à 14 ans.
Une telle situation, selon Moustapha Sy, chef du service de l’information hospitalière et point focal de la surveillance épidémiologique au CHN Matlaboul Fawzeyni, s’explique notamment par un schéma vaccinal incomplet chez un grand nombre d’enfants. « La vaccination contre la diphtérie est intégrée au Programme élargi de vaccination (Pev). Les enfants reçoivent trois doses dans le cadre du protocole, suivies d’une dose de rappel », précise-t-il.
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M. Sy rappelle aussi que les enfants demeurent particulièrement vulnérables en raison de leur système immunitaire encore en développement. Malgré la présence de cas au sein de l’établissement, il se veut rassurant : tous les patients testés positifs à l’hôpital ont été pris en charge et se portent aujourd’hui bien. Le docteur Pape Amar Kane insiste, de son côté, sur l’importance de la vaccination, qu’il considère comme le principal moyen de prévention contre la maladie.
Pour Moustapha Sy, la surveillance épidémiologique repose également sur la détection précoce. Dans ce dispositif, l’antenne de l’Institut Pasteur à Touba joue un rôle crucial en appuyant l’hôpital dans le diagnostic des cas suspects. Parallèlement, les équipes sanitaires assurent le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades.
« On descend sur le terrain avec le point focal du district pour aller dans la concession où le cas a été identifié afin de rechercher les cas contacts et de les recenser tous », détaille le chef du service de l’information hospitalière. À Matlaboul Fawzeyni, la riposte repose ainsi sur trois leviers majeurs : la prise en charge des malades, le suivi des cas contacts et le renforcement de la vaccination pour limiter la propagation de la maladie.