Diomaye réitère son engagement envers sa coalition

14 novembre 2025

Pour la première fois depuis son arrivée à la tête de l’État, Bassirou Diomaye Faye s’adresse à ses ministres sur un registre résolument politique. C’était au cours du Conseil des ministres d’hier, mercredi, et il a réaffirmé sans détour son engagement envers la « Coalition Diomaye Président ».

C’est peut-être le contexte qui l’explique, mais ce phénomène demeure inédit sous le mandat de Bassirou Diomaye Faye et ouvre la voie à mille lectures. Pour la première fois depuis son arrivée à la magistrature suprême, le président de la République a abandonné son habit officiel pour parler à ses ministres sur un plan clairement politique. C’était à l’occasion du Conseil des ministres, tenu mercredi 12 novembre 2025. Le Président, visiblement soucieux d’éclairer son équipe et sans doute l’ensemble du pays sur ses intentions, a voulu expliciter ses priorités, même si certains au sein de son camp semblent mal à l’aise face à la question suscitée par son Envoyée spéciale, Aminata Mimi Touré, figure survivante reléguée de la « Coalition Diomaye Président », et sur qui il ne paraît pas disposé à revenir lors du remaniement imminent.

Un acte qui a bouleversé le landerneau politique

Une décision rendue publique dans la soirée du 11 novembre, par transmission d’un communiqué d’allure concise. Émanant du chef de l’État lui-même. Une nomination qui, en principe, aurait dû apaiser les tensions. Or, après 72 heures, elle continue de faire résonner des débats au sein des milieux du pouvoir, tant dans l’entourage de Diomaye que dans celui d’Ousmane Sonko, secrétaire général du parti Pastef, aujourd’hui Premier ministre et promoteur de l’ascension de Bassirou Diomaye Faye jusqu’à la magistrature suprême, mais qui demeure visiblement rétif face à la nouvelle affectation de Mimi Touré. Il l’a formulé, avec délicatesse mais sans équivoque, devant des dizaines de milliers de militants, estimant que cette démarche « ne passera pas » et qu’elle ne peut pas engager la « Coalition Diomaye Président », précisant ainsi une rupture structurelle qui dépasse les attentes de la base de Pastef, aujourd’hui au pouvoir et confrontée à une nouvelle réalité collective (l’éclatement de la coalition et la gestion éthique qui en découle). Dès lors, quand la décision est tombée, nombre d’observateurs y ont vu un signe d’ouverture, ou du moins une main tendue. Mais la réaction d’Ousmane Sonko et de son Premier ministre n’a pas suivi cette ligne.

Il a réaffirmé son attachement à sa coalition

Cependant, ce mercredi, avec la tranquillité et la retenue qui le caractérisent, le président de la République a pleinement assumé ses choix, tout en réitérant solennellement et sans ambiguïté son dévouement envers sa coalition initiale, à savoir la « Coalition Diomaye Président ». Il l’avait déjà affirmé, le 10 septembre dernier, après être arrivé à l’hôtel de ville à la suite de la visite à Abdou Mbodj à Pikine — et il le répète aujourd’hui : il ne saurait être question d’une ligne de fracture au sein du camp issu d’une grande coalition. Ce rappel n’est pas anodin : il vise à rassurer les partenaires et à rappeler à tous le sens de la mission. Il l’avait aussi martelé lors de la proclamation, devant la nation, des résultats définitifs de l’élection. Il a réaffirmé son attachement à la coalition, et à l’ensemble de ses membres, sans exclusivité. La « Diomaye Président », dirigée et animée par lui-même, demeure sa base, et il ne s’en cache pas. Quelles conséquences politiques cette clarification pourrait-elle entraîner ? Le temps le dira. En revanche, ceux qui espéraient le voir s’en prendre directement à Ousmane Sonko en seront pour leurs frais. Bien que les enjeux soient souvent sujets à évolutions, il tient à rappeler sa ligne. Et il s’agit moins d’un réajustement des termes qu’une affirmation ferme sur la posture de son leader, qui l’aurait soutenu. Il a insisté sur l’importance de son amitié avec son Premier ministre, tout en semblant accepter que le Pastef ne reconnaisse pas la nomination d’Aminata Touré.

L’absence intrigante de Sonko

Pour couper court aux rumeurs, le Président a aussi balayé l’idée selon laquelle certains proches du pouvoir pourraient chercher à le brouiller avec Ousmane Sonko. Fait notable, lors du Conseil des ministres de mercredi, c’était l’absence du Premier ministre. Nombre d’observateurs y ont perçu un signal. D’autres estiment qu’il n’est pas rare que l’ancien chef de l’État délègue ce genre de fonction à des collaborateurs en cas d’empêchement. Mais les avis divergent sur l’interprétation de cette journée et sur les échos qui circulent autour de la décision. Pour nombre d’observateurs, il s’agit d’un test de solidité pour l’équipe gouvernementale. En tout état de cause, le Président, entouré de ses ministres, a réaffirmé, dans une langue diplomatique, sa volonté d’avancer avec l’ensemble des partenaires. Beaucoup demeurent néanmoins sceptiques quant aux véritables intentions du pouvoir.

Dans cette logique, l’information la plus importante demeure la nomination de Mimi Touré, une décision prise d’en haut et sans contestation de la part d’aucune institution gouvernementale.