Des parcours inspirants, un tempérament marqué, des aventures avec l’Olympique de Marseille et l’équipe de France, mais jamais un trophée majeur en poche : l’ancien milieu offensif international Dimitri Payet a dévoilé sa retraite du football, dimanche, au Stade Vélodrome, lieu de ses plus grands succès.
« À l’aube de mes 39 ans, j’annonce bien ma retraite en tant que footballeur professionnel », a-t-il confié, les larmes à l’œil, au micro de Ligue 1+, à la mi-temps du duel OM contre Lille. « Il pleut, et cela ne tombe pas du ciel », poursuivait le Réunionnais, profondément attaché à son île natale où il a commencé le football.
Ému jusqu’au bout, Payet a expliqué qu’il ne pouvait s’engager dans un projet où il ne serait pas « à 100 % » et a donc mis fin à une carrière longue, jalonnée par des passages en France (492 matchs disputés en première division avec le FC Nantes, l’AS Saint-Étienne, Lille et l’OM pour 103 buts), en Angleterre et au Brésil.
« Je préfère laisser mes traces, comme on dirait dans le football mexicain », a ajouté le meneur de jeu, qui achèvera sa carrière sous les couleurs du CR Vasco da Gama, à Rio de Janeiro.
326 apparitions sous le maillot marseillais –
« Je ne serai jamais loin des terrains », a-t-il assuré, en rappelant qu’il compte aussi 38 sélections en équipe de France (8 buts), ayant notamment tenu un rôle prépondérant lors de l’épopée des Bleus à domicile en Euro 2016, qui s’est malheureusement conclue par une défaite en finale face au Portugal (0-1 après prolongation).
Tout le monde retiendra son tir puissant qui ouvrait l’Euro face à la Roumanie (2-1) et ses larmes à sa sortie du terrain, sous l’ovation du Stade de France. Comme si ce joueur à la carrure modeste mais au regard déterminé avait alors libéré quelque chose avec l’équipe de France, son public et son sélectionneur Didier Deschamps.
« Cela a été pour moi quelque chose d’exceptionnel. Je viens d’une île et mon rêve était de devenir professionnel. J’ai réussi à le faire, j’ai réussi à jouer 20 ans au plus haut niveau, j’ai réussi à porter les couleurs de l’équipe nationale. Aujourd’hui, c’est la fin d’une belle aventure donc merci à tous ceux qui ont participé à ça », a ajouté Payet.
Si cet esthète de la passe et du coup franc a brillé quasiment partout où il est passé, il a aussi connu des rapports parfois houleux avec certains de ses coéquipiers ou entraîneurs, se décrivant lui-même comme « quelqu’un de très compliqué ».
Les supporters marseillais ne lui en auront pas tenu rigueur. En neuf saisons et 326 matches à l’OM (2013-2015 puis 2017 à 2023), entrecoupées d’un passage en Premier League à West Ham United, Payet aura inscrit 78 buts et délivré 95 passes décisives sous le maillot olympien.
Esthète tempétueux –
« Une performance qui illustre l’empreinte qu’il marquera à jamais dans notre club et dans notre championnat, dont il est le meilleur passeur de l’histoire », s’étaient félicités les dirigeants au moment de son départ en 2023.
Le Réunionnais n’a toutefois jamais réussi à décrocher un titre avec l’OM ni avec le CR Vasco da Gama, qu’il a rejoints en 2023.
Lors de son passage à Rio de Janeiro, il a disputé 77 matches, inscrit 8 buts et délivré 16 passes décisives, mais la fin de la saison 2025 a été entachée par une affaire extra-sportive.
Fin mars, une avocate brésilienne a déposé une plainte à Rio contre le joueur pour « violence physique et psychologique », alléguant une liaison amoureuse avec lui.
D’après la presse brésilienne, citant le procès-verbal de la police, le Français aurait reconnu une relation extraconjugale mais a nié les violences. Un procès a été engagé contre lui au Brésil dans le cadre de cette affaire.
AFP